Il n’y a pas qu’en Asie que l’écart se creuse entre les garçons et les filles.
Dans certains pays du continent européen, l’avortement de fœtus féminin est devenu une pratique courante ! La sélection prénatale en fonction du sexe du fœtus se pratique encore dans de nombreux pays. Début octobre, le Conseil de l’Europe appelait, par le biais d’une résolution, ses Etats membres à se mobiliser contre cette pratique.
Pratiqué chez nos voisins Si la Chine est souvent citée lorsque l’on parle de cette sélection en fonction du sexe, elle n’est pourtant pas la seule. Plus proche de nous géographiquement et faisant partie de l’Europe des 47, plusieurs pays le font encore couramment. En Albanie, Arménie, Azerbaïdjan ou Géorgie notamment, l’élimination des fœtus féminins au cours de la grossesse est un acte fréquent. Le rapport de Doris Stump, sur lequel s’est appuyé le conseil de l’Europe, fait le point sur ce sujet préoccupant, qui est de plus en pratiqué.
Déséquilibre des naissances Depuis les années 80, les échographies, qui permettent notamment de connaître le sexe de l’enfant, sont de plus rependues. Détournées de leur fonction médicale première, ces échographies servent dans certains pays à faire la chasse aux fœtus féminins. Selon le rapport, dans les 4 pays cités plus haut, le ratio entre filles et garçons est complètement faussé. Alors qu’il est naturellement de 105 garçons pour 100 filles, il atteint un ratio avoisinant les 112 garçons pour 100 filles.
Cette pratique risque d’entrainer sur le long terme un problème démographique considérable. L’Albanie, quant à elle, a démenti ces chiffres. Si la sélection en fonction du sexe du fœtus est interdite depuis 2002 dans le pays, aucune sanction n’est pourtant prévue en cas d’infraction.
Le garçon roi et la femme moins que rien Le rapport fait le point sur les raisons qui poussent à préférer un fils. Cette préférence semble surtout vraie dans les régions rurales, mais pas seulement. Le rapport souligne l’aspect économique où l’héritage se transmet aux hommes. Il s’arrête aussi sur l’aspect culturel. Le fils permet la transmission du nom de famille. Il sera également soutien de famille lorsqu’il sera adulte. Selon Mme Stump il s’agit d’une culture d’inégalité entre les hommes et les femmes et de discrimination envers ces dernières.
En effet, les filles sont alors perçues comme un poids pour la famille. Les risques pour les mères portant une fille sont courants. Les violences faites aux femmes peuvent être extrêmes. Elles sont parfois contraintes d’abandonner leur enfant ou d’avorter. Certaines femmes n’hésitent pas à utiliser des médicaments pour d’autres pathologies, afin de pratiquer seules leur avortement. D’autres encore se font avorter dans des cliniques privées.
Le Conseil de l’Europe souhaite voir évoluer rapidement la situation. En octobre, il a ainsi demandé aux Etats membres de lutter efficacement contre ces pratiques qui auront forcément des conséquences en termes de population et de natalité. Concernant les Etats les plus touchés, le Conseil européen souhaite mieux comprendre le phénomène et en mesurer l’ampleur. Un certain nombre de mesures ont également été listées afin de donner aux femmes un statut décent, dans le respect des droits de l’homme.







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