Les petites filles qui rêvent de porter des soutiens-gorges, de se maquiller ou qui découpent leurs culottes en strings seraient de plus en plus nombreuses.
Elles veulent ainsi imiter les femmes fatales des magazines ou certaines chanteuses dont les clips vidéos sont particulièrement suggestifs.
L’hypersexualisation des enfants, et notamment des petites filles, est encore un phénomène marginal en France, mais cette tendance est de plus en plus présente. Un rapport sur le sujet a été remis à Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, lundi 5 mars par la sénatrice Chantal Jouanno.
Si ce phénomène a déjà fait l’objet de plusieurs reportages ces dernières années, des photos de petites filles grimées en femmes et dans des positions suggestives ont été la goutte d’eau de trop. Parues en décembre 2010 dans la version française du magazine Vogue, ces photos ont choqué tant aux Etats-Unis qu’en France.
Une tendance marginale, mais bien présente L’hypersexualisation des petites filles se manifeste notamment par le port de tenues (mini-jupes, talons...) et d’accessoire (maquillage...) jusque-là réservés aux femmes. Plus que de simples atours, cette hypersexualisation se fait également sentir dans les attitudes de séduction qui vont avec, et dont l’enfant n’a pas forcément conscience. Ces petites filles s’identifient aux femmes que l’on retrouve dans tous les magazines, sur Internet ou à la télévision.
Le rapport de Mme Jouanno confirme que cette tendance est dans l’air du temps. Elle estime cependant que le phénomène est moins fort en France que dans d’autres pays, ce qui devrait permettre d’agir plus facilement. On est très loin des dérives des sociétés anglo-saxonnes en général, souligne Chantal Jouanno. La vague de l’hypersexualisation n’a pas encore massivement touché nos enfants, rassure le rapport. Selon ce document, la France et les parents condamnent encore majoritairement cette hypersexualisation, mais l’équilibre est fragile.
Laissons les enfants être des enfants Le rapport souligne que la société dans son ensemble est hypersuxualiseée. Le sexe est malheureusement un des attributs qui fait vendre le plus. La pornographie est également monnaie courante. Et tout ce climat ambiant se répercute sur les enfants. Le rapport définit l’hypersexualisation des enfants de la façon suivante : elle renvoie à la sexualisation de leurs expressions, postures ou codes vestimentaires, jugées trop précoces. Le débat est spécifique aux enfants prépubères, donc de moins de 12 ans qui, durant la période de latence telle qu’elle est définie par les psychologues, ne sauraient avoir de comportements ou de signaux de disponibilité sexuelle.
Les petits enfants sont ainsi poussés à avoir des comportements d’enfants plus âgés en permanence. La vie d’enfant, avant de devenir adolescents puis adulte, est pourtant une nécessité pour la construction de leur vie future.
Endiguer cette hypersexualisation avant qu’elle ne s’installe Parmi les recommandations de Mme Jouanno, l’interdiction pour une marque d’avoir une égérie de moins de 16 ans. Elle propose également l’interdiction des concours de mini-miss avant cet âge-là.
Chantal Jouanno recommande aussi la création d’une charte entre le gouvernement et les acteurs économiques afin, notamment, d’avoir des produits adaptés aux âges de l’enfant. Par exemple, une petite fille de 8 ans n’a besoin ni de string, ni de soutien-gorge ampliforme.
La création d’un système permettant à chaque citoyen de signaler des abus en ce sens est aussi suggérée afin de responsabiliser tout un chacun collectivement. Concernés de très près par ce phénomène, les parents devraient avoir une information complète et pratique sur le sujet.
Récemment, le Ministère de la Solidarité a annoncé la création d’une charte officielle qui définit l’utilisation des images représentant des enfants dans les médias, et qui interdit notamment les images d’enfants hypersexualisés. Un premier pas vers certaines règles essentielles. Rien ne sert de diaboliser le phénomène, il faut prendre conscience et agir dans le bon sens.







Vos commentaires, questions, réponses, réactions

