Difficile de comprendre le mécanisme qui se met en place dans la tête d’un enfant vivant dans une famille bilingue. Du coup, des idées fausses circulent sur le sujet de l’apprentissage du langage pour ces enfants.
Plusieurs idées reçues circulent sur le cas des petits enfants qui doivent apprendre 2 langues d’un coup lorsque leurs parents sont de nationalité différente.
Le sujet a récemment été débattu à la conférence annuelle de l’Association américaine pour l’avancement de la science qui s’est tenue à Vancouver mi-février.
Deux 2 langues pour le prix d ’une ou presque Chaque enfant à son rythme. Certains marchent très tôt, d’autres acquièrent la parole avec plus de facilité. D’autres encore prennent leur temps. Dans ces cas-là, les parents s’inquiètent généralement. Dans les familles où 2 langues parentales cohabitent, les parents s’interrogent parfois sur cette particularité et plusieurs idées faussent circulent.
Parmi ces idées reçues, une d’entre elles prétend que les enfants qui apprennent à parler dans un environnement bilingue commencent à parler plus tard que les autres enfants. Selon ce principe, l’apprentissage de 2 langues d’un coup désorienterait les enfants. Pourtant, les scientifiques sont formels.
Il n’est pas vrai qu’entendre deux langues conduit à la confusion chez l’enfant et réduit sa capacité d’apprendre. Mais il n’est pas vrai non plus que les enfants peuvent apprendre comme par magie deux langues aussi vite qu’une seule, a expliqué Erika Hoff, psychologue américaine, lors de la conférence. De façon générale, 20% des enfants sont des locuteurs tardifs.
Faut-il être un petit génie pour apprendre 2 langues ?
Si les enfants apprenant le langage dans des familles bilingues ne sont pas spécifiquement en retard, ils ne sont pas non plus des petits génies. Comme l’explique Erika Hoff, les petits enfants ont besoin de temps pour assimiler le langage, ce qui est encore plus vrai lorsqu’ils ont 2 langues distinctes à apprendre. Dire que ces enfants ne tardent pas plus que les autres à parler ou qu’ils sont plus intelligents n’a pas de sens. Les deux assertions sont fausses, a répété Mme Hoff pour faire cesser ces idées reçues.
Les nouveaux tests pratiqués par les chercheurs sur ce sujet tendent à le prouver que les enfants apprennent de façon similaire. Pour cela on va notamment analyser les mots connus par les enfants et leur prononciation. Il faut deux tests chez les enfants bilingues et un seul chez les enfants monolingues afin de mesurer leur assimilation du langage.
Lorsque les scientifiques comparent les résultats, ils constatent qu’ils sont très proches : une fois les deux tests des enfants bilingues additionnés, ils correspondent à 1 seul pratiqué chez les monolingues. Chez les enfants vivants dans des familles bilingues, cela leur prend plus de temps pour arriver au même niveau d’expérience dans chacune d’entre elles, a expliqué Mme Hoff. C’est pour cela qu’il est inutile de s’inquiéter si l’enfant prend un peu de retard dans une des deux langues.
L’apprentissage du langage reste un moment important dans la vie de l’enfant qu’il faut suivre avec attention, les problèmes d’acquisition du langage pouvant être le signe d’un problème d’autisme ou de surdité. Aider son enfant à s’éveiller et à progresser est bien, mais rien ne sert de le stresser avant l’heure.







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