 Apparu il y a dix ans, le e-learning revient sur le devant de la scène grâce à des formules le combinant à la formation traditionnelle. Apprendre à distance n'a jamais été aussi simple... Enfin, sur le papier !
Dans les faits, les RH des gros groupes se rendent compte qu'il n'est pas pratique à mettre en oeuvre.
Dur à cerner "30% des responsables RH ne parviennent pas à associer au e-learning un domaine de formation possible et 13% déclarent que ce mode d'apprentissage n'est pas envisageable dans le cadre de l'activité de leur entreprise" selon une enquête réalisée par l'IFOP pour Kelformation.com. Il est donc difficile de défifinir un axe de développement fiable pour cette activité.
Les deux principaux critères de choix défendus pour retenir une formation sont "d'optimiser la performance de ses salariés" pour 73% d'entre eux, contre 45% qui mettent en avant "le bénéfice que pourra en retirer l'entreprise" comme critère de choix d'un contenu.
Un concept pas si nouveau... mais l'ancienneté n'y fait rien. Cinq ans après la mise en place des toutes premières opérations de e-learning, le groupe Nissan n'a pas réussi à imposer ce mode de formation continue, comme le constate son directeur de formation Michel de Koubé : "Le e-learning a du mal à atteindre les objectifs pédagogiques fixés".
À charge aux entreprises comme aux prestataires de trouver de nouvelles formules pouvant mixer une formation traditionnelle basée sur le présentiel, à un enseignement à distance , comme le "blended learning". Mais la mixité ne se fait pas sentir que sur la forme, le fond est également touché.
Jusqu'à présent la demande principale était axée autour d'un besoin spécifique, et la formation avait pour le coup tendance à l'être aussi. "Le gros du marché concerne le sur-mesure, à savoir les formations métiers. Parallèlement, les formations standards, utilisables par plusieurs clients, montent en puissance" constate Michel Diaz, directeur associé chez Féfaur, société de conseil en e-learning, qui voit les PME profiter de leurs moindres coûts pour s'initier à ce nouveau mode, qui représente tout de même une économie de 20 à 30% par rapport au présentiel.
La sortie de crise pourrait bien redonner un coup de pouce à l'activité. L'augmentation de la part du budget formation pour le e-learning est bien réelle dans de nombreuses sociétés : 5 à 10%. "Certaines affichent des objectifs de 30 à 40% dans les années à venir" déclare Pascal Debordes, responsable des solutions e-learning à la Cegos. Ce qui est le cas chez HSBC, sensibilisé depuis 2007, où l'on reconnaît que "ce mode d'apprentissage permet au collaborateur d'être acteur de sa formation", selon Hervé Darcourt, directeur de la formation et du développement chez HSBC France.
D'acteurs à "Gamer", le pas est franchi. Les "serious game", formation à travers un jeu scénarisant des compétences métiers propres à l'entreprise, sont en plein essor. "Au-delà de l'interactivité, ils plongent le joueur dans un scénario", explique Sébastien Beck à l'origine d'un jeu conçu pour booster la force de vente de Renault.
Sa société Daesign propose même en standard, un autre scénario destiné à entrainer les managers aux entretiens annuels d'évaluation. Plus faciles à distribuer "en série", ces derniers sont aussi moins chers qu'un développement spécifique sur mesure, généralement aux alentours de 80 000 à 150 000 euros.
L'avenir est donc, semble-t-il, à l'apprentissage ludique ! "Travailler en apprenant, et apprendre en s'amusant..." Nous allons tous retourner sur les bancs comme des grands... ne serait-ce que pour écouter Blanche Neige.
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P.DECHAMP
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