Le biocarburant E10 a fait son entrée dans les stations-services françaises ce 1er avril, et ce n'était pas une blague... Pourtant, il suscite d'ores et déjà le mécontentement des écologistes et des pétroliers.
Ce carburant composé à 90% d'essence sans plomb 95 et 10% d'éthanol, est lancé dans l'objectif de réduire les effets du réchauffement climatique, selon l'engagement européen. Or, malgré ces bonnes intentions, tous les écologistes lui sont hostiles !
Les défenseurs de l'environnement reprochent à la production d'éthanol d'être trop gourmande en pesticides et en engrais, en eau, et en énergie pour sa fabrication et son transport. Selon Sébastien Godinot (association "Les amis de la Terre "), les agrocarburants consommeraient l'équivalent de leur valeur énergétique pour être produits, et leur existence ne serait due qu'au lobby agricole.
Déjà dans un rapport publié en juillet 2008, l'OCDE soulignait le coût élevé des politiques de soutien aux biocarburants, dont l'impact était limité sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (environ 1%).
Pourtant, d'autres solutions existent, et des collectivités locales et associations proposent notamment de privilégier : - Les huiles végétales pures, produites localement et nécessitant moins de transports et de transformations, - L'usage de carburants alternatifs comme le biogaz, issu de la fermentation de matière organique, - Les biocarburants de 2e génération fabriqués à partir des déchets végétaux de l'agriculture...
De leur côté, les pétroliers ne sont pas non plus satisfaits du E10, qui voient dans cette mesure une difficulté supplémentaire pour écouler leur essence dont les exportations baissent. De ce fait, les compagnies ne sont pas très enthousiastes à la mise en place de nouvelles pompes, qui pourraient bien mettre une année pour arriver jusqu'à certains points reculés du pays.
Seuls les betteraviers saluent le lancement très attendu del'E10. En difficulté depuis la suppression des subventions aux exportations de sucre, la filière française espère devenir le leader européen de la production d'éthanol. Selon les projections, la consommation européenne de bioéthanol pourrait être multipliée par 10 d'ici 2010, de quoi envisager sérieusement d'accroitre le chiffre d'affaires actuel de 500 millions d'euros pour 3 500 à 5 000 salariés.
L'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie) estime quant à elle, que le plan biocarburant français (biodiesel inclus) devrait, sur un total de 128 millions de tonnes de CO2 émis chaque année par les transports routiers, permettre une baisse de 6 millions de tonnes de CO2 en 2010... Petit bémol, seule la moitié des véhicules seraient compatibles avec l'E10 selon le CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles) : la liste des véhicules compatibles est consultable sur www.carburantE10.fr
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