 La Journée mondiale du cancer, chaque 4 février, est l'occasion de faire le point sur l'évolution d'une maladie qui voit 350 000 nouveaux cas par an, surtout chez les hommes.
On dépiste mieux, on guérit plus, et définitivement, mais la multiplicité des facteurs cancérigènes pose problème, d'autant que tous ne sont pas bien identifiés.
Si globalement les cas de cancer ont doublé depuis 25 ans, il faut pondérer cette progression par le fait qu'elle s'explique en partie par l'accroissement et le vieillissement de la population et des progrès considérables dans les techniques de dépistage.
On diagnostique et on dépiste de mieux en mieux, notamment les cancers du sein et de la prostate. Une autre raison de cette hausse des chiffres est l'augmentation des facteurs de risque, liés aux comportements des Français : le tabac, l'alcool, une mauvaise alimentation, la sédentarité et le manque d'exercice physique.
À cela il faut ajouter des facteurs de risque environnementaux, qui seraient responsables de 8 à 10% des cancers. La plupart sont liés au travail : présence de solvants, de métaux lourds, etc... Et puis, il y a tous les facteurs dont on ne connait pas encore vraiment l'impact comme la téléphonie mobile, la pollution automobile, tous les polluants croisés dans la vie quotidienne...
Certains types de cancer sont en recul, celui de l'oesophage par exemple, ce qui s'explique par la modification des comportements alimentaires et alcoolo-tabagiques au sein de la population. En revanche, et c'est inquiétant, les cas de cancer du poumon augmentent fortement chez les femmes alors qu'ils se stabilisent chez les hommes. C'est même devenu chez la femme le 3e cancer le plus fréquent après celui du sein et des intestins. On en découvre 7 000 nouveaux cas par an.
Aujourd'hui, on guérit une personne sur deux, et on obtient une survie à cinq ans de certains cancers très graves. Le cancer du sein a un taux de survie de 80% à cinq ans, 94% pour celui de la thyroïde. En revanche, ce chiffre chute à 12% pour le cancer de l'oesophage, à 15% pour celui du poumon, et reste bas pour le foie et l'estomac.
Grâce à la recherche, l'imagerie et la chirurgie ont été nettement améliorées : on localise mieux où agir donc le traitement est beaucoup plus efficace, même chez des personnes très âgées. On sait aussi aujourd'hui combiner les traitements et pratiquer des thérapies ciblées, en fonction des caractéristiques du patient. Tout cela fait que l'image du cancer s'est vraiment transformé ces derniers 15-20 ans.
Le plan cancer 2 a donné des priorités pour les chercheurs : mieux relier les recherches fondamentale et appliquée, de manière à ce que les patients puissent profiter au plus vite des avancées effectuées en laboratoire, mais aussi insister sur la prévention, le dépistage organisé - gage de qualité - et dénicher les inégalités sociales qui jouent dans l'apparition des cancers.
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A.MICHO
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