 Le collectif "la journée sans immigrés" veut faire du 1er mars une journée symbolique de protestation contre la situation faite aux travailleurs immigrés.
L'immigration représente indéniablement des atouts, encore faut-il ne pas céder aux discours discriminatoires ou parfois ambigus...
Le collectif apolitique, "la journée sans immigrés", à l'initiative de "24 heures sans nous", veut prouver que les immigrés ne sont pas un fardeau, mais une nécessité pour faire tourner le pays.
Concrètement, l'association propose depuis cette année, à tous ceux qui se sentent concernés, de cesser le travail toute la journée du 1er mars, date du 5e anniversaire de l'entrée en vigueur du Ceseda (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile).
C'est en septembre dernier que le concept de "24 heures sans nous" mûrit à la suite d'un énième "dérapage" de Brice Hortefeux, au sujet d'un jeune militant UMP d'origine maghrébine. C'est la "bourde" de trop pour des militants associatifs qui décident de plaider pour un "droit à l'indifférence".
Objectif : tenter d'enrayer la connotation péjorative que le terme "immigré" finit par prendre. "Les hommes politiques, de gauche comme de droite, ne sont pas sanctionnés après de telles déclarations. La banalisation de ces propos, qui divisent les Français, menace un "vivre ensemble" déjà fragile", s'indigne Nadir Dendoune, membre de l'association. Et de préciser : "On voudrait changer les mentalités."
La France compte officiellement environ 5 millions d'immigrés, c'est-à-dire des personnes nées étrangères à l'étranger, et résidant en France. Si ces 8% de la population cessaient toute activité, qu'elle soit professionnelle ou juste consumériste, ce sont des pans entiers de l'économie qui seraient bloqués : les personnes immigrées ou issues de l'immigration travaillent et consomment dans tous les secteurs. Une manière, selon l'association, de faire prendre conscience que l'immigration représente un enrichissement économique, mais aussi politique, social et culturel.
Imaginez une journée où les métros seraient vides et les chantiers paralysés. Où les restaurants n'auraient plus de cuisiniers et les universités, plus de professeurs. Où les réunions de travail seraient désertées, où 10% des entreprises n'auraient plus de patron. C'est ce qui se passerait si les immigrés et leurs descendants cessaient brusquement de travailler une journée.
Le collectif propose également de ne rien consommer de toute la journée. Pas d'achat de pain, pas de séance de ciné, pas de dîner au restaurant... Pour ceux qui ne pourraient pas s'y astreindre, d'autres modes d'action sont suggérés comme par exemple participer entre midi et 14 heures au sit-in national devant les mairies ou encore porter un petit ruban jaune pour manifester sa solidarité.
Plus de 65 000 "amis" ont déjà rejoint la page Facebook du collectif, une trentaine de comités locaux ont vu le jour.
Certes, la manifestation n'a guère de chances de tourner à la grève générale, mais l'événement se déroule aussi au-delà de nos frontières. L'Espagne, l'Italie et la Grèce sont également concernées. Outre-Atlantique, l'idée avait déjà fleuri il y a 4 ans.
En mai 2006, le "grand boycott américain" avait vu entre 1 et 2 millions de manifestants dans les rues de Los Angeles, 200 000 à New York, et plusieurs dizaines de milliers de personnes dans une dizaine d'autres villes américaines. Échaudé, le président Bush avait même pris la parole, exhortant les immigrés à ne pas boycotter. En France, les membres du collectif ont écrit à Nicolas Sarkozy pour que lui aussi prenne position. Et de l'inviter, en tant que fils d'immigré, à ne pas travailler le 1er mars...
Voilà une action un peu paraitre naïve, mais en réalité sa générosité et sa non-violente méritent sans doute d'y réfléchir à 2 fois.
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M.Rigano
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