 La socialisation virtuelle dépasse le stade du simple échange de billets d'humeur, de vidéos ou de trucs photo rigolos !
Désormais, elle trace la route par un autre vecteur très porteur qui retient l'internaute consommateur pendant des heures : les jeux sociaux en ligne avec de l'argent virtuel... qui devient vite réel.
Happys days Oh Happy Days...l' "Américan Dream" est de retour. Aux vues des chiffres avancés, il est certain que la monnaie virtuelle dépensée sur le net pour jouer avec les amis de son réseau social va faire mal aux porte-monnaie des apprentis joueurs.
Plusieurs sociétés américaines ont déjà bâti leur business modèle sur le déploiement de leurs produits à travers la toile du réseau social mondial Facebook. Ce sont des centaines de millions d'ados et d'adulescents, en quelque sorte les "happy few " du web, qui jouent chaque jour à "Happy Pets", "Happy Aquarium" et autres "Farmville"..."You Know What ? I'm Happy"... nous allons tous bientôt nous transformer en Droopy !
Le marché représente à lui seul un score plus qu'honorable. Quelques milliards de dollars sont en jeu, c'est le cas de le dire, pas pour les banques ce coup-ci, mais pour les initiateurs de ce mode de divertissement et les éditeurs qui proposent et distribuent ces petits bijoux de joujoux. Leurs noms sonnent comme des noms de pierres précieuses : Zynga, Crowdstar, Playdom, Playfish ...autant de diamants solitaires brillant au firmament des jeux planétaires.
Ces sociétés qui n'ont pour la plupart qu'une poignée d'années d'existence – ça se compte sur les doigts d'une main ! - misent sur l'engouement de la socialisation virtuelle, et surtout sur les 400 millions d'adeptes du grand gourou Zuckerberg (fondateur de Facebook) qui n'a pas fini de nous dire la messe.
L'addiction nouvelle aux réseaux sociaux, ajoutée à l'addiction quasi génétique de l'homme pour les jeux, écrit une nouvelle équation... avec pas tant d'inconnus que ça ! En fait, une très belle addition "réseaux sociaux + jeux vidéos" qui se résume par une nouvelle fonction quasi mathématique rebaptisée "social gaming", et dont bon nombre d'acteurs quelque peu actuaires comptent se régaler en prenant un risque bien calculé.
Selon Lazard Capital Markets, ce marché pèserait actuellement près de 1,3 milliard de dollars, sans compter le marché chinois ! C'est dire que le potentiel est énorme, surtout qu'il devrait doubler tous les ans sur les 3 années à venir. Les investissements à engager par les éditeurs sont sans communes mesures avec ceux nécessaires pour le lancement de jeux physiques en magasins. "Seulement" 150 000 à 500 000 euros à débourser, quand il en faut en moyenne 5 millions pour un jeu en circuit traditionnel de distribution, voire jusqu'à 20 millions pour les Block-Busters !
Transmutation du plomb en or... les éditeurs ont trouvé la pierre philosophale ! Quand l'engouement prend, la propagation sur le net se fait comme une trainée de poudre. Le fameux "Buzz" fonctionne à plein régime, les effets comme les retombées sont alors démultipliés et l'argent utilisé par les joueurs en ligne passe de virtuel à réel. Comment se passe cette opération quasi magique ? Rien de plus simple, il suffit de vendre à l'internaute des objets virtuels qu'il va pouvoir utiliser afin de construire un élevage de poulets, un troupeau de vaches dont il pourra se vanter auprès de son réseau d'amis. Et vers lequel il pourra également se tourner pour leur faire plaisir, en offrant telles des friandises, ses produits-goodies achetés pour s'amuser. Un scénario tout bête qui passionne tous les jours près de 80 millions de "Farmers"... non pas ceux de la "Ferme Célébrités", mais bien ceux de la communauté "Farmville".
Sur des nouveaux jeux très en vogue, portés par la nouvelle vague des vampires, comme "City of Eternal" les internautes dépensent en moyenne 16 dollars, comme le rappelle Galdric Pons, de l'Atelier BNP Paribas, qui doit se réjouir de l'inventivité des éditeurs en matière de moyens de paiement : carte bancaire, micropaiement par SMS, mais aussi bientôt cartes prépayées. "L'essentiel de nos revenus provient de la vente de biens virtuels, la publicité reste très limitée et l'on exclut pour le moment de rendre payants certains jeux", précise Christa Quarles, directrice financière de la société Playdom, ayant réalisé plus de 50 millions de dollars de chiffre d'affaires l'an passé.
La valse des étiquettes s'organise à coup de rachat et d'OPA hostile. Microsoft aurait déjà tenté de reprendre l'éditeur de jeux Crowdsatr pour quelque 200 millions de dollars, mais jusque-là sans succès. Il est vrai que ces start-up du jeu vidéo sont valorisées à beaucoup plus, aux vues des indicateurs boursiers fournis par les cabinets spécialisés (Track.com et Second Shares). Ceux-ci placent Zynga , en tête des charts des applications qui trustent la toile, à une hauteur de 5 milliards de dollars, alors qu'elle n'a réalisé "que" 300 millions de dollars en 2009.
L'Europe un peu absente sur ce secteur s'est néanmoins faite remarquée par l'acquisition d'un des fleurons du secteur, le britannique Playfish, racheté à coup de 275 millions de dollars par Electronic Arts.
Les premiers "Kwa, Kwa" grenouillesques des petits frenchys ne font pas encore grands bruits dans la marre aux canards. Si Adictiz et Feerik essaient bien de se faire une place, la plupart des sociétés françaises du créneau pataugent un peu en eaux troubles, à tel point que certains, comme les frères Mathieu et Romain Nouzareth (fondateurs du portail de jeux Boonty) ont fini par partir outre-Atlantique pour créer FreshPlanet.
Le grand vainqueur de toute cette agitation et émulation autour des jeux en ligne sera sans nul doute Facebook, qui a vu le temps passé par ses membres sur son portail, considérablement augmenter depuis l'apparition des jeux en ligne. Ils reviennent plus régulièrement sur le site, et sont très demandeurs de ces nouveaux divertissements. À tel point que le businessman Mark Zuckerberg songe à instaurer un système de monnaie unique permettant de jouer à toutes les applications proposées, en achetant des crédits, voire de taxer par la suite toute transaction ludique. Ces visions très futuristes le place toujours avec une longueur d'avance par rapport à ses concurrents, répondant ainsi positivement à l'observation déjà faite : "Le jeu a toujours eu une dimension sociale, note Galdric Pons. Le risque, pour ces sociétés, c'est de ne pas s'adapter assez rapidement à la demande et à l'évolution des plates-formes elles-mêmes."
Un positionnement digne d'un grand joueur. Il est vrai que Zuckerberg rime très bien avec Poker. Et c'est un sacré coup qu'il se prépare à jouer, en ayant abattu qu'une partie de ses cartes. N'oubliez pas que Zuckerberg rime aussi très bien avec Joker ! Et il en a sûrement un dans son jeu, sinon dans sa manche...
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P.DECHAMP
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