
Les Jeux olympiques d'Athènes de 2004 ont coûté 9 milliards d'euros. Les Grecs continuent de payer la note...
Du point de vue du contribuable, organiser une grande manifestation sportive est une catastrophe qui perdure pendant des années.
Les cahiers des charges des différents comités sportifs internationaux sont, contre toute raison, de plus en plus exigeants.
Les coûteux Jeux olympiques d'Athènes de 2004 sont-ils à l'origine des malheurs de la Grèce ? Selon un spécialiste américain de l'économie du sport, Victor Matheson, les JO ont coûté 9 milliards d'euros, une somme énorme pour un petit pays. Cela représente, selon l'économiste, 5% des richesses produites par la Grèce en un an. "Les Jeux olympiques ont fait exploser la banque", selon Victor Matheson. "Le déficit public, qui était à la baisse depuis 1999, a brusquement remonté en 2004, atteignant 7,5% du PIB."
En données brutes, les finances publiques ont touché le fond l'année des JO, selon les chiffres d'Eurostat. A noter, la Grèce est aujourd'hui accusée d'avoir caché une partie de ses dettes de l'époque sous le tapis. De plus, la Grèce n'a pas récolté les fruits de ces investissements. "L'année des JO, les touristes ont fui la Grèce, et pour cause : Athènes était devenu un gigantesque chantier", se rappelle Victor Matheson. "Et il n'y eut pas de boom touristique en 2005 comme certains le prévoyaient après le battage médiatique autour de la Grèce." Heureusement, à l'époque les taux d'intérêt grecs étaient bas, proches de 4,5%.
La Grèce n'est pas le seul organisateur d'un grand évènement sportif ayant réalisé une mauvaise affaire. À Londres, la facture a déjà dépassé toutes les estimations bien avant que se tiennent les Jeux. Et la ville de Montréal, qui a organisé les JO en 1976, a remboursé ses dernières dettes "olympiques" en... 2006.
On en parle peu, mais quasiment toutes les villes, voire les pays, qui ont organisé de grandes compétitions internationales, y ont laissé des sommes si considérables qu'elles ont dû être budgétisées sur des années.
"Dans le cas de la Grèce, si les Jeux olympiques n'ont pas arrangé les finances publiques, ils ont eu un effet d'amplification", explique l'économiste américain. Mais le vrai problème n'est-il pas le manque de courage politique des gouvernants ? Qui osera dire aux principaux comités sportifs (JO et football) basés en Suisse, que leurs exigences ne méritent pas qu'on y donne suite ? Du pain et des jeux... une vieille histoire.
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M.Gabriel
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