 À l'heure des réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES), l'une des réponses est le captage du CO2, mais la solution pour son stockage n'est pas tranchée.
Les procédés sont encore expérimentaux et ne devraient être opérationnels qu'à l'horizon 2020, mais c'est maintenant que les industriels se livrent une bataille technologique, pour s'imposer le moment venu.
Les industriels sont déjà sur les chapeaux de roues, afin d'être en mesure de proposer des solutions fiables dans moins de 10 ans. De nombreux tests sont en cours. Alstom mènerait actuellement une dizaine de projets pilotes, dont 3 sont lancés et 2 autres prévus avant la fin de l'année. L'un des projets est mené en Suède, avec le captage de 90% du CO2 évacué par une chaudière de 5 mégawatts. Le procédé, appelé à l'ammoniaque refroidi, permet de recueillir des cristaux blancs qu'il faudra encore recycler ou stocker ! Les concurrents, quant à eux, ne sont pas en reste : General Electric, Mitsubishi Heavy Industries, Siemens... mais aussi Enel, EON, Vattenfall (dans le domaine de l'énergie)... ou encore Air Liquide, Dow Chemical et Rhodia (pour les chimistes)... mènent aussi des recherches en ce sens.
Pour le moment, seuls les importants émetteurs de CO2 stationnaires, c'est-à-dire non mobiles (ce qui exclut les transports) peuvent être équipés de récupérateur de dioxyde de carbone. Viennent en tête les centrales, les raffineries, les aciéries, les cimenteries et les sites de pétrochimie. ArcelorMittal serait sur le point de réaliser des tests dans son usine de Florange.
Ces technologies sont encore très coûteuses, gourmandes en énergie, et surtout réduiraient le rendement des centrales de près de 25%. Pour parvenir à améliorer ces procédés et leurs rendements, les pouvoirs publics incitent les industriels à se surpasser : Près de 10 milliards d'euros ont été alloués à ces projets, même si l'Agence internationale de l'énergie (AIE) en aurait voulu le double pour mener à bien toutes les expériences d'ici 2020. L'Union européenne, les États-Unis, l'Australie et le Canada sont les zones du monde qui portent ces projets. Reste encore à en optimiser les rendements, définir des modes de transports efficaces, et surtout à optimiser le stockage du CO2 si ce n'est le recyclage !
Face à ces défis technologiques onéreux, demeure l'incertitude sur l'efficacité de ces démarches. Faute de recyclage du CO2 capté, que va-t-on en faire? Le stocker sous terre, sous la mer ou dans des fûts ? Le CO2 est-il finalement plus dangereux dans l'air ou sous nos pieds ? Autant de questions sans réponse tranchées par le monde scientifique... Greenpeace accuse cette stratégie, trop onéreuse et gourmande en énergie, d'être une excuse pour continuer à utiliser des hydrocarbures et du charbon.
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E.CINESTIA
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