 Moins d'un an après le début de la crise financière, le système bancaire démontre qu'il est incapable de se contrôler lui-même. La spéculation recommence de plus belle !
Il ne faut pas effrayer les banquiers disent certains responsables politiques qui, refusent des mesures fiscales à la hauteur des bénéfices revenus. Mais qui dit qu'ils ont peur...
De l'avis de nombreux experts, si les banques engrangent à nouveau des milliards, c'est qu'elles ont renoué avec le démon de la spéculation, concourant ainsi à la formation d'une nouvelle bulle boursière : le CAC 40 a gagné plus de 50% depuis mars dernier !
À l'agonie il y a un an, les banques n'ont pas stoppé les robinets du crédit. Elles ont bien continué à prêter de l'argent aux particuliers (en durcissant les conditions d'octroi) et aux entreprises, les PME ayant toutefois le plus grand mal à se faire entendre, si l'on en juge le nombre de dossiers envoyés au médiateur du crédit. Mais là encore, les banques s'en sont bien sorties, prêtant à 4% alors qu'elles n'empruntaient qu'à 1 % auprès des marchés !
Dernier reproche à l'encontre des banques : elles ont bien profité des aides de l'État. Certes, Bercy a encaissé plusieurs centaines de millions d'intérêts en contrepartie des milliards débloqués. Mais en remboursant les aides publiques au plus vite, les banques ont coupé l'herbe sous le pied du gouvernement, lui ôtant la possibilité de réaliser une plus-value qui aurait pu lui rapporter jusqu'à 12 milliards d'euros : mais c'est le jeu !
L'Assemblée nationale commence l'examen du Budget 2010. Une loi de finances qui, outre la taxe carbone et la réforme de la taxe professionnelle, pourrait contenir une nouveauté au chapitre fiscale : l'instauration d'une taxation spéciale banques.
Dubitatifs, pour ne pas dire agacé, face à la rapidité avec laquelle les BNP Paribas et autres Société générale se sont refait une santé grâce aux subsides de l'État... une vingtaine de députés souhaite relever de 10% l'impôt sur les sociétés, uniquement pour les établissements financiers. Une mesure qui a peu de chance d'être validée, mais qui rapporterait entre 1 et 2 milliards d'euros, ce qui ne serait pas si mal en ces temps de déficit record (116 milliards d'euros fin 2010). De quoi y réfléchir à 2 fois...
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M.Rigano
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