Le site du Tricastin: un des plus vastes sites industriels nucléaires en France!
Pour bien comprendre l'envergure de ce site nucléaire, rappelons que: Le Tricastin est situé sur 4 communes, et comprend plusieurs installations réparties sur environ 600 hectares. On y retrouve notamment le site de Pierrelatte du CEA, la centrale nucléaire du Tricastin (EDF), Eurodif qui produit du combustible nucléaire par enrichissement de l'uranium, Socatri et Comurhex. Le site compte plus de 5 000 employés.
- Le 08 septembre dernier au Tricastin: 2 assemblages de combustibles (parmi les 157 que compte le réacteur nucléaire) sont restés accrochés aux structures internes supérieures de la cuve du réacteur, lors de leur renouvellement annuel... Mais sans incidence pour l'environnement, semblerait-il! L'enjeu est désormais d'empêcher que ces 2 éléments radioactifs de se décrochent, et ne contaminent même faiblement l'environnement extérieur... Lorsque le même incident s'était produit à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Marne en 1999, celle-ci avait dûe être arrêtée pendant 20 jours...
- Fuite d'uranium à la Comurhex (filiale d'Areva) le 21 août: Pour rappel, la société Comurhex est installée à Pierrelatte dans la Drôme sur le site du Tricastin. Elle est spécialisée dans la conversion de l'uranium naturel en hexafluorure d'uranium, élément nécessaire au processus d'enrichissement. Le jeudi 21 août, une fuite d'uranium fut détectée sur une canalisation enterrée par des ouvriers en charge de la rénovation des réseaux d'effluents: Un clapet anti-retour de cette canalisation, qui n'était normalement plus en service, a été depuis identifié comme défectueux. Cette ancienne canalisation reliant un laboratoire d'analyse et la station de traitement des déchets a ainsi permis à de petites quantités de produits contenant de l'uranium de s'infiltrer dans la terre avoisinante. Conséquences environnementales: Après analyse de la fuite et des produits, la Comurhex estime que 250 gr d'uranium par an ont pu être rejeté dans la nature. En considération de ces données, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) considère que les risques pour l'environnement sont très faibles et indique que des études plus poussées vont être menées.
- Fuite à Fessenheim (Haut-Rhin) le 11 août: 2 incidents portant sur l'ouverture d'une vanne et dans un système de filtration d'air!
- Fuite au Tricastin le 7 juillet: 74 kg d'uranium se sont échappées d'une usine du site, et se sont répandus dans l'environnement voisin, et 23 salariés ont été légèrement contaminés!
- Fuite à Cadarache entre le 20 juin et le 30 juillet: Des rejets de tritium gazeux ont dépassé à plusieurs reprises le niveau réglementaire.
- Et la Belgique aussi... Cette fuite à la Comurhex ne représente finalement que des «clopinettes» par rapport à l'incident survenu quelques jours après, le 25 août, à l'Institut des Radioéléments (IRE) de Fleurus en Belgique. Situé à 40 km environ de la frontière française, cet institut qui produit des radioéléments pour une utilisation médicale a laissé s'échapper une quantité non négligeable d'iode radioactif. Selon l'Agence fédérale de contrôle nucléaire belge cet incident est de niveau 3... L'Autorité de sûreté nucléaire française, quant à elle, n'a été prévenue que le 27 août...
Face à ces incidents à répétition, les interrogations sont légitimes! Sur la sécurité et la rigueur d'entretien des infrastructures bien sûre, mais aussi sur la transparence et l'exactitude des informations qui sont communiquées... - Selon l'IRSN (Institut de Radioactivité et de Sureté Nucléaire), ces évenements ne seraient ni plus rares ni plus courant que les autres années, mais au par avant les médias y prêtaient moins attention! - Selon Greenpeace, il y aurait une pression de l'ouverture des marchés mise sur les exploitants, avec des sous-traitants de plus en plus nombreux, et des interventions réalisées en des temps plus courts que ceux prévus. De plus le parc des 19 centrales nucléaires françaises vieillis, avec un âge moyen de 21 ans, même si 6 d'entre elles sont en cours de déconstruction et que l'EPR arrivera en 2012 à Flamanville (Manche)...
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