 Des travailleurs sans-papiers dénoncent un double langage de l'État : d'un côté, ils n'ont pas de droits, de l'autre, ils doivent payer leurs impôts !
250 travailleurs sans-papiers ont investi pendant quelques heures la direction des impôts de Paris centre, à l'appel de Droits devant et du Syndicat unifié des impôts.
C'est une histoire dramatique, mais ubuesque. Selon les associations et les syndicats qui soutiennent le mouvement des sans-papiers, les étrangers en situation irrégulière représenteraient près de 2 milliards d'euros de contributions fiscales diverses ou de cotisations sociales. Ce chiffre se base sur un calcul extrapolé d'une estimation du nombre de travailleurs sans-papiers en France, qui effectuent un travail déclaré, soit 400 000 personnes. Ce chiffre n'est toutefois pas confirmé par le ministère du Budget.
Le ministère dément par ailleurs l'existence d'instructions visant à détruire des déclarations fiscales de personnes sans-papiers. "Elles sont traitées", affirme un membre du cabinet d'Éric Woerth.
Le citoyen ordinaire découvre une situation surréaliste puisqu'en principe, déclarer des revenus, implique que l'on soit enregistré comme travailleur (salarié ou non salarié). Si on est enregistré comme travailleur, c'est qu'on a au moins un numéro de Sécurité sociale ! Or en théorie, il est impossible dans l'état actuel de l'Administration française, de payer des impôts sans avoir au moins un certificat de séjour ou un numéro de Sécurité sociale.
La question subsidiaire est donc de savoir à quel jeu hypocrite joue l'administration fiscale qui accepterait de l'argent de contribuables qui... n'existent pas officiellement !
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M.Rigano
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