 Chez l'horloger suisse, Hublot, près d'un salarié sur dix est un ex-retraité.
Pendant que nous débattons à l'infini, nos voisins suisses agissent simplement et efficacement : ils prennent l'expérience dont ils ont besoin, là où elle est... chez les seniors.
Chez les "Montres Hublot", une bonne partie des postes d'encadrement et de développement est occupée par des personnes que leur précédent employeur avait mis à la retraite, à l'échéance normale, c'est-à-dire à partir de 62 ans. Mais l'horloger de Nyon (Suisse), filiale de LVMH, a compris tout l'intérêt qu'il pouvait tirer de l'expérience des seniors, dans un rapport gagnant-gagnant où chacun y trouve son compte.
12 des 140 salariés ont donc plus de 62 ans et le plus ancien a 73 ans. Tous occupent des emplois de responsabilité dans les fonctions clés : production, vente, gestion, études. Dans sa configuration actuelle, l'entreprise, elle, est beaucoup plus jeune : les Montres Hublot ont été relancées il y a moins de 6 ans.
Les séniors ont tous été recrutés dès la reprise de la société, et aucun ne l'a quittée depuis. Il faut dire que Hublot leur a fait des conditions sur mesure : la souplesse totale règne quant aux horaires de travail, à la durée et au mode d'embauche. Les ex-retraités ont eu le choix entre un contrat classique de salarié et un contrat de consultant en statut indépendant, selon ce qui leur convenait le mieux par rapport à la retraite de droit commun qu'ils touchent en parallèle. Les deux tiers ont choisi la formule de l'indépendance.
Pour les horaires, il y a autant de cas que d'individus. Certains viennent 2 jours fixes par semaine, d'autres quelques jours par mois, Jean-Claude Biver, directeur-repreneur a ouvert le panel des possibilités au maximum.
"Ils sont rémunérés au nombre d'heures inscrites... mais en font beaucoup plus en réalité. Incontestablement, ils sont sous-payés, mais c'est leur choix !", sourit-il. La motivation financière semble d'ailleurs accessoire : ces ex-cadres de groupes n'auraient pas besoin de chercher des "fins de mois" pour compléter la pension octroyée par leur ancien employeur.
L'heure de la retraite définitive finira, toutefois, par sonner. À ce moment-là, Hublot ne recherchera pas de nouveaux seniors : l'entreprise escompte que les actuels auront rempli leur mission de transmission du savoir-faire aux plus jeunes.
C'est réglé avec une précision... tout helvétique.
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M.Rigano
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