
L'État allemand ne veut pas intervenir pour sauver le géant industriel Arcando, équivalent de notre PPR (Pinault Printemps la Redoute).
Très curieusement l'aide publique ne va pas de la même façon à tous les secteurs économiques, nonobstant le nombre d'emplois en jeu.
Le groupe Arcandor, ex-Karstadt-Quelle, dépose son bilan, menaçant 43 000 emplois. Aujourd'hui, ce temple du commerce allemand vacille. Son propriétaire, le groupe Arcandor, a déposé hier son bilan, menaçant 43 000 salariés. L'ex-Karstadt-Quelle a réalisé près de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier et 746 millions de pertes dans ses grands magasins Karstadt, ses catalogues de vente par correspondance Primondo et Quelle ou ses agences de voyages Thomas Cook.
Angela Merkel n'a pas cédé. Après avoir sauvé Opel et ses 25 000 emplois en Allemagne, la chancelière a refusé d'apporter une garantie publique de 650 millions d'euros et un prêt de 437 millions d'euros réclamés par Arcandor, qui doit rembourser une partie de sa dette vendredi. "L'effort des propriétaires et des créanciers n'était absolument pas suffisant pour que nous intervenions", a justifié Angela Merkel. Selon elle, le dépôt de bilan est une "étape inévitable", porteuse "de nouvelles chances pour s'allier avec d'autres entreprises comme Metro".
Faute de soutien public, Arcandor doit tenter d'obtenir un accord avec ses banques. Celles-ci avaient accepté un moratoire sur leurs intérêts pendant six mois à condition que le gouvernement accorde un crédit. Les actionnaires, les riches familles Schickedanz et Oppenheim, pourraient de leur côté remettre au pot : on évoquait récemment une augmentation de capital de 150 millions d'euros. L'action Arcandor a plongé de 54% hier et de 95% depuis un an, à 0,58 euro. En Bourse, le groupe ne vaut plus que 143 millions d'euros.
Arcandor n'est pas victime de la crise financière qui a seulement précipité ses difficultés récurrentes. Depuis des années, le groupe fondé en 1881 se débat avec le ralentissement de ses activités de vente à distance et de grands magasins. Il était déjà au bord de la faillite en 2004.
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M.Rigano
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