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| Paru le 03/02/2012 |
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| Peut-on être une grande école sans l'épreuve de culture générale ? | | Sciences-Po supprime l'épreuve de culture générale... | | |
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|  Sciences-Po vient de supprimer de son concours d'entrée l'épreuve de culture générale. Un reniement lourd de symboles.
Ne pas tout faire pour donner à chaque individu un minimum de culture générale, c'est délibérément vouloir l'empêcher de comprendre le monde dans lequel il vit... et lui ôter l'envie de le changer.
La réputation de l'Institut d'études politiques de Paris, appelé plus couramment Sciences-Po, n'est plus à faire. Son origine remonte à la volonté de créer une structure chargée de former les hauts fonctionnaires de l'État, exprimée par le général de Gaulle en 1945. Aujourd'hui encore, Sciences-Po est souvent considérée comme un accès privilégié à l'ENA. C'est dire combien ses décisions peuvent avoir d'impact.
En décidant de supprimer l'épreuve de culture générale de son concours d'entrée, tout en favorisant une sélection par dossier, la direction de Sciences-Po s'inscrit dans les dérives d'une époque où le savoir général est considéré comme obsolète, voire inutile. Nous sommes dans l'ère des savoirs hyper-spécialisés, où chacun a la tête baissée dans son champ spécifique. On retrouve ce phénomène en médecine où de plus en plus le spécialiste traite son patient comme un morceau de puzzle, sans s'occuper de l'ensemble de la personne et des liens entre les pathologies.
Cet appauvrissement culturel, organisé, programmé, contribue à l'effacement des repères dont a besoin un individu pour comprendre l'origine et la place des choses. Si on ne connaît pas, ne serait-ce qu'un petit peu, la longue histoire qui a précédé la loi de 1905 sur la laïcité, on a bien du mal à comprendre ce qu'elle signifie profondément et pourquoi tout ce qui lui porte atteinte est extrêmement grave.
Condorcet avait défini le principe intemporel de savoir minimum. Il entendait par là que chaque individu devait avoir un minimum de connaissances qui lui permette d'éviter d'être exploité par un autre homme, du seul fait de son ignorance. On a là un principe créateur fondamental de l'école républicaine. La direction de Sciences-Po a pris une décision fondamentalement contraire à cette philosophie d'origine, comme s'il n'appartenait plus à notre système éducatif de former des citoyens dotés de connaissances générales leur permettant de comprendre le monde dans lequel ils vivent.
Il ne s'agit pas de faire de chacun d'entre nous des encyclopédistes, mais simplement de donner à tous des outils de compréhension et d'expression. C'est tout sauf un accident, si le langage de nombreux jeunes, en situation sociale difficile, ressemble de plus en plus à une suite d'onomatopées. La traditionnelle phrase avec un sujet, un verbe et un complément semble en régression, remplacée par un "langage" strictement utilitaire. À cet égard l'évolution de l'américain parlé dans les séries TV ou les films est consternante.
La destruction ou le recul des disciplines d'éveil, au plus jeune âge, des matières qui constituaient ce que l'on appelait autrefois les "humanités", c'est-à-dire l'approche des grands textes anciens, de l'histoire, du droit et de la philosophie, tout cela constitue un recul d'autant plus absurde que le fait est établi : plus un individu a une culture générale forte, plus il pourra faire face à des besoins ou des nécessités de reconversion.
Dans Homère et Virgile, il y a toute l'histoire de l'humanité et de ses vicissitudes, et une histoire accessible à tous. N'est-ce pas le rôle fondamental du système éducatif, à quelque niveau que ce soit, que de donner au plus grand nombre l'accès aux trésors de l'humanité et multiplier ce terreau dans lequel l'intelligence pourra se développer.
Comble de la sottise, pour justifier la suppression de l'épreuve de culture générale, le directeur adjoint de Sciences-Po n'a rien trouvé de mieux que de déclarer : "Nous ne recrutons pas des copies, nous recrutons des individualités"... Il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
M.Rigano
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| Vos commentaires |
 | Allons plus loin ! | 03/02/201217:45 | (Ricounet) |
| C'est dans la lignée de la suppression de l'Histoire en Terminale scientifique, afin que les dirigeants de nos grandes entreprises, souvent polytechniciens, manient encore mieux les maths (utile pour la finance) quitte à être encore moins compétents pour diriger leurs employés (là c'est plus compliqué).
Mais je pense qu'il faut aller plus loin, et enseigner la culture générale dès le primaire, car le manque de culture française est aussi une des causes du sentiment d'exclusion des jeunes des cités, notamment ceux issu de l'immigration. Cela faciliterais le dialogue avec le reste de la population, qui en retour les verrais autrement. Cela pourrait les aider à se sentir pleinement Français et avoir un autre but que dealer dans leur cité.
Honnêtement, ce n'est pas mon idée mais celle d'un candidat à la présidentielle...
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 | Richesse | 03/02/201213:25 | (l'Impartial) |
| A propos de culture générale et vos propos sur ce sujet particulier illustrent bien le désintéressement des jeunes générations pour la lecture, une question pour la culture personnelle de vos lecteurs vous a été posée à plusieurs reprises, concernant votre définition de la RICHESSE et des seuils auxquels chacun d'entre nous devrait se sentir concerné en ce qu'il est critiqué ou éventuellement solidaire.
Cela permettrait d'étalonner vos billets et d'y réagir (éventuellement) en proportion. Nous ferez-vous enfin ce plaisir ? Je pense sincèrement que les débats induits par Zurbains ne pourraient que s'en trouver intelligemment enrichis !
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 | L'atrophie... | 03/02/201211:00 | (carveur) |
| A force de laisser les vaches en stabulation leurs membres et muscles s'atrophie, normal. Il en est de même pour le cerveau. La faculté de penser, de réfléchir est liée à la connaissance. Nous savons qu'un comptable qui analyse les chiffres sur lesquels ils travaille peut découvrir une escroquerie.
Si le mouton accède à la connaissance et se met à réfléchir, il y a de forte chance pour qu'il refuse d'aller à l'abatoir, car il aura compris qu'on veut le tuer...
Autre exemple: au moment d'envoyer nos soldats en Afganistan touts les peuples d'Europe ont manifesté leur opposition, car pour la plupart, ils avait la connaissance histoirique de ce que cela impliquait.
Malgré cela, les politiques, qui ont la leur, de connaissance, ont fait ce qu'il voulaient. C'est pourquoi il ne faut pas que des personnes trop cultivées qui réflechissent accèdent au manettes du pouvoir. Un exemple du parfait haut fonctionnaire me vient en tête: Maurice PAPON... Bonne année...
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 | Et ça vous étonne? | 03/02/201210:12 | (kaneda) |
| Franchement, il fallait bien que cela arrive un jour non? N'avez-vous jamais été choqué par ces personnes de 20, 30, voir même 40 ans qui ne sont pas foutu d'aligner deux phrases correctement en lisant un texte? Et je ne parle même pas d'écrire parce que là, on touche le fond !
On parle de "nos jeunes" qui ne savent plus lire ni écrire correctement, est-ce vraiment la faute aux textos et autres modes d'écritures intuitives? Il est certain que c'est plus commode d'accuser la technologie...
Vous rappelez-vous quand les leçons d'éducation civique ont été supprimées de l'enseignement? C'était le début de la fin! Et je n'ai que 33 ans, je considère donc que je ne suis pas un vieux de la vieille. Et bien avec la culture générale c'est pareil. On va droit dans le mur.
Notez que Sciences-Po est censé former les Hauts fonctionnaires de l’État, alors autant dire que nous seront guidé par des imbéciles de première, ce qui souvent s'en rapproche déjà mais bon passons...
Si ces même fonctionnaires de l’État ne sont finalement pas plus cultivés que le pécore lambda, cela sera t-il bien nécessaire de conserver une autorité "suprême" ? Bon, vous me direz, vu les conneries qu'ils nous sortent régulièrement, finalement c'est à se demander si la culture générale n'a pas été aboli de leur "CV" il y a de cela plusieurs décennies...
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