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| Paru le 06/02/2012 |
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| Le Front national, une option syndicale ? | | Les visages contradictoires du syndicalisme... | | |
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|  Le Front national semble représenter une option politique crédible pour un nombre non négligeable de syndicalistes. Plus qu'une contradiction, c'est une inquiétude sur l'évolution de notre société.
Une enquête révèle l'attrait qu'exerce la candidate du Front national sur le monde syndical.
Classées nettement à gauche dans l'opinion publique, les organisations syndicales recouvrent en fait un éventail d'adhérents et de sympathisants beaucoup plus large, du fait que l'adhésion syndicale correspond plus simplement à la nécessité de défendre ses droits en tant que salarié, au sein d'un collectif de travail, et quel que soit le pouvoir politique en place ce besoin existe comme en témoigne notre histoire sociale.
Les principales organisations syndicales françaises ont quasiment toutes connu des turbulences existentielles liées le plus souvent à l'interférence du champ politique dans la sphère syndicale. La CFDT naît d'une rupture avec la CFTC, en 1964, ayant pour origine principale la dé-confessionnalisation de l'organisation et la CGT-FO est créée en 1947 par suite d'un conflit beaucoup plus ancien avec la CGT sur l'indépendance syndicale. Paradoxalement, plusieurs syndicats se réclament de la Charte d'Amiens (1906), référence absolue et historique d'un syndicalisme indépendant des partis politiques, alors que nombre d'entre eux ont souvent entretenus des liens privilégiés avec notamment le Parti communiste ou le Parti socialiste.
L'action d'un militant se limitant rarement à un seul engagement, il est très fréquent qu'un militant syndical soit également un militant politique ou associatif, la difficulté étant de ne pas se tromper de casquette suivant les circonstances... Il est de plus en plus rare que les grands leaders syndicaux appellent à voter pour un candidat ou un parti politique, même si leurs analyses politiques et économiques indiquent clairement leurs attirances et surtout leurs rejets.
Si les adhérents d'un syndicat sont par définition plus libres de leur expression publique qu'un Secrétaire général, il n'est pas illogique que leurs votes se répartissent sur un large échantillon politique. Toutefois, la sensibilité envers le Front national des adhérents et sympathisants d'une organisation syndicale telle que l'indique un tout récent sondage de l'IFOP est d'un niveau surprenant. Que 22% des proches de la CGT et 25% des proches de Force Ouvrière déclarent s'apprêter à voter pour la candidate du Front national est révélateur de la crise profonde et de la confusion que traverse notre société.
L'histoire de la CGT et celle de Force Ouvrière qui se réclame constamment des valeurs républicaines, rendent théoriquement incompatible l'adhésion de leurs adhérents avec les thèses d'un parti d'extrême droite. Et pourtant...
Le syndicalisme est beaucoup plus implanté que les partis politiques dans les classes populaires, directement et sévèrement affectées par les menaces sur l'emploi, les pertes de pouvoir d'achat et une précarité grandissante liée pour partie à une mondialisation incontrôlée et un capitalisme financier qui ne s'embarrasse que du dividende de l'année. Cette réalité, souvent sombre, rend de plus en plus attentifs les salariés au discours du Front national qui a récemment investi un champ immense déserté par les grands partis de gauche.
Si on s'arrêtait à une première écoute, le discours de Marine Le Pen apparaît comme bien plus soucieux du sort des salariés les plus modestes que celui du candidat socialiste. Pire, ou presque, la candidate du Front national surfe sur les valeurs républicaines, telles que le patriotisme ou la laïcité, que la gauche a reniées au profit de l'Europe de la finance et de la diversité, tarte à la crème qui remplace désormais le citoyen voulu par les fondateurs de la République.
La confiance dans les partis traditionnels se réduit comme peau de chagrin comme si aucun d'eux n'était plus capable, aux yeux des citoyens les plus modestes, d'incarner l'espérance d'un monde meilleur et plus juste. Que ce désespoir atteigne une partie importante du monde syndical est inquiétant dans la mesure où il est supposé être plus combatif que l'ensemble de la population.
Le Front national a remplacé le Parti communiste dans les classes populaires, en apparaissant comme le seul porte-parole d'une souffrance sociale de plus en plus grande. Avec une intelligence redoutable, la nouvelle présidente du Front national a recentré son discours sur des thèmes sociaux et des valeurs républicaines. La chasse aux immigrés a été remplacée par le haro sur les multinationales et les délocalisations.
Peu importe que derrière les apparences se cachent des réalités plus glauques et le retour vers un nationalisme extrêmement dangereux, car essentiellement xénophobe. Tous ceux qui sont plus ou moins rejetés d'un système économique dévastateur, ne croient plus à la politique traditionnelle.
Les responsables syndicaux ne peuvent pas se contenter de renvoyer sur la seule classe politique ce glissement des classes populaires vers l'extrême droite. Quand ils multiplient des journées d'action ponctuelles à l'infini, tout en sachant qu'elles ne pèseront pas sur une politique qu'ils contestent, ces dirigeants syndicaux contribuent à l'abattement, à la colère et à la recherche désespérée d'autres solutions des classes sociales les plus fragiles. Attention, ne jouons pas avec le feu... pendant qu'il est encore temps.
M.Rigano
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| Vos commentaires |
 | Une réalité : l'illusion | 13/02/201209:46 | (Patrick AUBIN) |
| Eh oui, une fois n'est pas coutume, je suis d'accord avec vous, mais uniquement sur le fait que le front national a remplacé le parti communiste dans les classes populaires.
Mais ouvrez les yeux pour sortir de votre rêve, si votre constat est bon, votre analyse n'est pas la bonne. Elle repose sur une grande confusion depuis que Marx a élaboré sa théorie sur le capital. On croit ainsi que la monnaie-argent est la richesse.
La monnaie a été élevée à un pouvoir qu'elle n'a pas. Ce n'est pas cela le rôle de la monnaie de faire d'un homme qu'il est riche, mais de sa capacité à acquérir des biens et des prestations avec la monnaie, qui n'est qu'un moyen d'échange. De cette confusion est né le fait qu'il faut beaucoup d'argent pour être riche. Or ce sont les besoins individuels qui permettent à la richesse de se faire pas à des besoins collectifs.
Tout ce qui a été bâti dans notre société repose ainsi sur cette erreur, et nous sommes arrivés, pour la première fois en temps de paix dans le monde occidental, à la même situation que dans laquelle se trouvait l'union soviétique au début des années 80 : la quasi-faillite économique du modèle de la sociale-démocratie. Mais regardez bien les sociales-démocraties fonctionner : ce sont des oligarchies électives : où est le pouvoir du peuple... ou du moins des citoyens pris individuellement ?
Tous les travailleurs honnêtes sont imposés et taxés au nom d'une redistribution pour les pauvres qui n'existent pas. C'est juste un prétexte : il s'est développé une mafia étatique (politiques de gauche et de droite) avec de nombreux hommes de mains (les fonctionnaires, les hauts et les bas) au nom de la justice sociale. Mais quelle est cette morale qui fait que nous nous retrouvons aux temps bénis de la royauté où les nobles et le clergé disposaient des moyens de subsistances des serfs ?
Si le riche est celui qui travaille et gagne honnêtement sa vie, pensez-vous qu'il est normal de le taxer ? Gagner de l'argent ne va pas être une finalité pour lui, si cela l'est pour vous. Il lui sera nécessaire de posséder des biens que d'autres auront fait pour qu'il soit véritablement riche... et que cela fasse des envieux...
L'argent n'est que ce que l'on voit des fruits du travail ou de la capacité à négocier ce que l'on produit : ce n'est qu'un transfert où la monnaie n'est que le moyen. Or, là aussi les hommes politiques assoiffés par l'argent gagné par les autres ont créé une illusion en laissant croire que voler les riches pouvaient enrichir les pauvres... mais les pauvres sont tout autant volés, voir même pillés, puisqu'aujourd'hui avec les pléthores de taxes et d'impôts, il est moins redonné aux pauvres qu'il ne leur ai pris. Ils ont même pas profité de leurs fruits qu'on leur en a déjà pris plus, sans compter qu'on leur a pris leur dignité en faisant disparaitre des emplois, du fait de cette taxation excessive.
Et tous les bouc-émissaires sont bons à prendre, mais on ne voit pas que la légalité est devenue illégitime : les dépenses publiques ne sont absolument plus justifiées et on ne sait même plus le rôle de l’État, du politique, du fonctionnaire, des entreprises, des associations... nous sommes dans une corruption généralisée où tout le monde vit au dépens de tout le monde avec ses petits privilèges... acheté à crédit sur les générations suivantes.
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 | Vous avez raison | 06/02/201210:10 | (carveur) |
| Les syndicats sont impuissants parce que le système ne peut être changer que par un changement radical qui pourrait ressembler à une révolution... Ce n'est pas ce à quoi aspirent les travailleurs.
Ceux (de mes amis pour certains) que je fréquente ont réussi à négocier un plan social. Qu'en ont-ils fait, pour la plupart? Ils ont acheté une voiture, parfois un 4X4, une nouvelle télé, plus grosse, certains ont même passé le permis de chasse, pour 's'oxigéner'.
En schématisant un peu je peux dire que leurs aspirations sont bourgeoises: plus de confort, plus de plaisirs plus de consomation et de possession. Rien à voir avec ce qu' était le fondement des luttes ouvrières: la solidarité et la dignité sous toutes ses formes.
Le sytème, tel qu'il est, leur convient dans la mesure ou ils peuvent récupérer la plus grosse part possible du gâteau. Aujourd'hui le gâteau est au coffre, qui est lui même dans la citadelle des spéculateurs/prédateurs.
Effectivement les luttes ne mènent plus à rien sauf à ce fameux plan social de plus en plus dur à négocier et , au final, de plus en plus maigre.
Alors il ne reste que la colère. Une colère instinctive d'autant plus forte qu'elle n'est plus compensable. La colère et la frustration qui passent par les tripes, celles qui donnent envie de cogner, bêtement, sur tout ce qui peut être désigné comme reponsable et co-auteur de nos problèmes. Ce genre de raccourci est la spécialité du FN...
Il est tellement plus simple de se laisser aller à la colère et la simplification plutôt qu' à une tentative de compréhenssion et de transformation du système qui demande, elle, un gros effort... L'impuissance et l'humiliation sont la mère de toutes les érrances. C'est la soupe dont se nourri le FN...
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 | attention ! | 06/02/201209:45 | (rolstar) |
| Lincoln avait dit : vous pouvez prendre des gens pour des imbéciles pendant un temps mais pas tout le temps - Les ouvriers qui travaillent honnêtement sans rechigner comprennent que cela suffit d'être pris pour des demeurés, et se laisser influencer par des directives autres que leurs besoins journaliers, aussi il ne faut plus s'étonner que quoi qu'en dise certains journalistes avec leurs informations dirigées, cela finit par lasser et les réactions deviennent contraire aux voies prévues. |
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