 En période de conflits sociaux, il en est qui aboutissent, mais beaucoup de persévérance...
Après une forte et spectaculaire mobilisation, les salariés obtiennent le doublement de leur prime de départ. Rien ne change, il faut toujours se battre pour une vraie négociation, mais une prime remplacera-t-elle jamais un emploi ?
50 000 euros net, en sus des indemnités légales : c'est la prime de départ décrochée fin mai par les "Conti", les salariés français du fabricant allemand de pneumatiques, Continental. Il a fallu 2 mois et demi de lutte, émaillée d'actions violentes, pour que les 1 120 salariés du site de Clairoix (Oise) promis à la fermeture, décrochent ce bonus. Cette prime donne raison à l'extrême mobilisation des syndicats pour rehausser la barre des conditions de départ. Mardi dernier, cette prime ne culminait encore qu'à 20 000 euros net, selon la dernière proposition de la direction.
Du côté syndical, on ne cache pas sa satisfaction. Samedi 30 mai, plus de 900 salariés de Continental réunis en assemblée générale ont voté, à l'unanimité moins dix voix, leur accord pour cette prime de départ de 50 000 euros net, négociée la veille lors d'une réunion tripartite entre les syndicats, la direction et l'Etat. D'autant que cette prime s'ajoute à une série d'engagements revus à la hausse au fil du conflit et que résume un syndicaliste : "Continental va nous payer jusqu'à octobre à 100%, ensuite on démarre un congé de reconversion de vingt-trois mois jusqu'à fin 2011. On est sûr d'avoir au moins 75% du salaire jusqu'à 2014 et une prime entre 50 000 et 100 000 euros nets d'impôts." Tout n'est pas bouclé pour autant : "Il va falloir encore discuter des conditions de pré-retraite et de reclassement."
Est-on arrivé au bout du conflit ? Tout avait démarré le 11 mars, lorsque Continental avait révélé son intention de fermer l'usine de Clairoix, évoquant des surcapacités de production et le manque de compétitivité du site sur fond de crise automobile. Le sang des Conti n'avait fait qu'un tour. Ils avaient cru avoir sauvé l'entreprise en acceptant, en 2007, un retour aux 40 heures contre le maintien de l'emploi jusqu'en 2012.
Dans tous les cas, leur bagarre a payé. Une leçon à méditer pour les Sony ou les Caterpillar qui étaient allés jusqu'à séquestrer des patrons pour partir avec les indemnités les plus hautes possibles.
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M.Rigano
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