 Une étude récente fait le point sur la façon dont les adolescents perçoivent les différences de mode de vie liées au sexe.
Pour les adolescents, le sexe est un facteur de discrimination jouant à plusieurs niveaux. Les clichés persistent...
31% des adolescents considèrent que les adultes traitent différemment les filles et les garçons. Voilà ce qu'indique une étude publiée début février par Ipsos. Cette enquête a été réalisée pour la Fondation Wyeth pour la santé de l'enfant et de l'adolescent (groupe pharmaceutique Wyeth). Elle est centrée la perception qu'ont les adolescents des différences d'éducation et de comportements liés au fait d'être une fille ou un garçon.
Présentée le 3 février lors du forum organisé par la fondation, "Filles, garçons : savoir vivre ensemble", cette étude a été menée sur Internet auprès de 1 650 personnes environ. Plus précisément, elle prend en compte les réponses de 800 adolescents de 15 à 18 ans et de 843 adultes de 25 ans et plus, interrogés du 8 au 21 décembre dernier.
Fille ou garçon : différence dans le cercle familiale Pour 75% des adolescents participants, le sexe "change beaucoup de choses". Ils perçoivent clairement que le fait être une fille ou un garçon influence leur mode de vie. Seulement 39% d'entre eux croient que les garçons et les filles sont éduqués de la même façon, contre 59% qui n'y croient pas. Plus ou moins sévères ou protecteurs, les parents ne semblent pas agir de la même façon avec leurs enfants et ces derniers en ont conscience.
Le sexisme continue Certains clivages ont la peau dure. Le sexe est "une variable discriminante d'attitudes et de comportements", selon l'étude. Seulement 64% des adolescents considèrent que les hommes et les femmes ont les mêmes chances de réussite.
Même si majoritairement, les adolescents ne trouvent pas normal que les femmes soient moins payées que les hommes, ce sont surtout les filles qui s'indignent. Les garçons, moins concernés par le problème, ont une opinion moins appuyée sur le sujet. Encore et toujours, "l'égalité des sexes est une zone de tension entre garçons et filles", précise l'étude.
Même si 92% des filles considèrent que les tâches ménagères devraient être réparties équitablement entre les hommes et les femmes, les garçons ne sont que 69% à être de cet avis. Les filles sont conscientes des inégalités et des difficultés qui les attendent et notamment au fait de devoir jongler entre vie professionnelle et vie de famille.
Au niveau des loisirs L'étude confirme des comportements "sexuellement typés" tels que la pratique du sport et des jeux vidéos qui sont plutôt considérés comme masculins. L'usage du téléphone ainsi que les tâches ménagères reviennent principalement aux filles. Par contre, les adolescents, filles et garçons, se retrouvent quasiment sur le terrain des insultes et de la violence.
Normalité ou particularité ? Cette étude met aussi le doigt sur une autre perception intéressante. 31% des adolescents se sentent différents des autres. Ce sentiment joue sur leur moral. Ceux qui ont cette idée d'eux même sont plus nombreux à se sentir mal dans leur peau, incompris ou pas bien à l'école. 34% des adolescents se demandent même "souvent ou parfois" s'ils sont normaux.
Durant cette période ingrate, les adolescents sont partagés entre l'affirmation de soi et de ses particularités (41%), et la recherche de la conformité. 49% des adolescents et 52% des adultes considèrent "qu'il peut être dangereux d'être différent des autres". Du coup, 63% des adolescents et 68% des adultes considèrent qu'il faut "rentrer dans le moule " pour trouver sa place dans notre société. Paradoxalement, la différence est aussi perçue comme un "élément positif" pour 74% des adolescents et 76% des adultes.
L'étude met ainsi en évidence une forte ambivalence de la perception de la différence, vécue tantôt comme une force, tantôt comme un danger.
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I.DESANGE
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