 À l'initiative du groupe Europe Écologie, le conseil régional d'île de France ne veut plus travailler qu'avec des banques propres.
Il est grand temps de montrer, même symboliquement, que la politique peut imposer une éthique au monde financier; en tout cas, le conseil régional d'Île-de-France est le premier à innover en la matière.
Le plus important conseil régional, celui d'Île-de-France, vient de prendre une décision symboliquement très importante et inédite : il va désormais exiger une pleine transparence des banques et autres établissements financiers avec qui il sera appelé à collaborer, et ceci, dans le cadre de la lutte contre les paradis fiscaux.
Le conseil régional demandera chaque année à ses partenaires financiers un bilan de leurs activités et leurs liens avec les 18 États non coopératifs listés par le gouvernement. Jusqu'ici, seule la ville d'Helsinki avait réfléchi à une telle initiative sans jamais la concrétiser. Cette promesse électorale, lancée par Europe Écologie, puis reprise par le président de la région Jean-Paul Huchon, a été validée et sera soumise au vote lors de la prochaine session plénière du 17 juin.
La délibération prévoit qu'avant de s'engager avec des établissements financiers pour contracter un emprunt ou pour arranger une émission obligataire, le conseil régional leur demandera de préciser leurs liens avec les États qui refusent de signer des conventions de transparence et d'échange d'informations.
Le conseil régional "se réservera le droit de modifier et d'étendre ce dispositif, chaque année, au vu d'un rapport rendant compte de son application", expliquent Cécile Duflot, présidente du groupe Europe Écologie et Robert Lion, nouveau conseiller régional Verts-EE et ancien directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations. "Ces éléments constitueront un critère d'appréciation pour la décision de continuer, ou de commencer, d'avoir recours aux services de ces banques", soulignent-ils.
Au cours de la campagne des régionales, Cécile Duflot avait notamment reproché à BNP Paribas, "principal établissement prêteur du conseil régional», de "travailler dans de nombreux paradis fiscaux comme les îles Caïmans, Jersey et Guernesey ou Hong-Kong".
Ce dispositif novateur pourrait faire des petits : d'autres régions se disent intéressées comme la Champagne-Ardenne, Provence-Alpes-Côte d'Azur ou les Midi-Pyrénées.
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M.Rigano
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