Le gouvernement va débloquer 2 milliards d'euros pour lancer un grand plan d'action en faveur de l'Internet haut débit.
Dans le cadre du grand emprunt, le volet consacré aux nouvelles technologies de l'information reçoit un coup de pouce décisif. On pense au plan de relance du téléphone dans les années 70, qui avait permis à la France de rattraper son retard en un temps record.
Le Premier ministre François Fillon a dévoilé son programme pour le déploiement du très haut débit dans l'Hexagone. Et pour accélérer le développement des offres de fibre optique, dans les grandes villes, mais également et surtout dans les villes moyennement denses, c'est un fonds de 2 milliards d'euros, prévu dans le cadre du grand emprunt, qui sera mis en place.
Ce fonds sera opérationnel en avril et permettra de piloter les appels à projets, prévus fin mai. L'État sélectionnera les offres des opérateurs qui souhaitent déployer la fibre tout en assurant la "cohérence des initiatives privées et publiques".
Pour encourager la mutualisation des infrastructures, comme cela a été récemment le cas via l'accord signé entre Orange et SFR en région parisienne, l'État favorisera les projets dans lesquels les opérateurs choisiront de co-investir dans le déploiement de la fibre optique.
Dans le même temps, l'Arcep, l'Autorité de régulation des Télécoms, va lancer une consultation publique pour fixer le cadre réglementaire du déploiement du très haut débit, de l'utilisation des points de mutualisation aux modalités d'accès aux fourreaux de France Télécom.
Les résultats de cette consultation seront connus en novembre. Mais ce n'est qu'en mars 2011 que l'État sélectionnera pour les villes moyennement peuplées, les premiers projets qui bénéficieront de ces prêts avantageux. "La contrepartie attendue des opérateurs c'est un engagement en termes d'étendue, d'exhaustivité et de rapidité du déploiement, ainsi que de co-investissement", a déclaré le Premier ministre.
Dans les grandes villes, ce dernier a confirmé le modèle plébiscité par l'Arcep, à savoir le multifibre, permettant à chaque opérateur d'acheminer "sa" fibre jusqu'à chaque foyer. "Cette homologation, c'est le véritable top départ du déploiement de la fibre dans notre pays", a-t-il ajouté.
François Fillon a également demandé à "tous les opérateurs qui le souhaitent" de se pencher d'ici 6 mois sur la mise en place d'un forfait "social" à Internet pour les foyers les plus modestes, et dont son prix avoisinerait 20 euros par mois. Car selon le Premier ministre, "Internet est devenu un outil essentiel au même titre que l'électricité. Y accéder à un tarif abordable et à haut débit est un impératif de justice sociale".
Il est vrai qu'aujourd'hui, les déclarations de revenus, l'inscription dans les universités, l'accès à l'information et les facilités du "e-commerce" font d'Internet un outil sans lequel on se retrouve marginalisé, voire défavorisé.
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M.Rigano
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