 La misère et le désespoir peuvent conduire au pire : "se vendre" au sens propre !
Aucune société civilisée ne doit accepter de telles extrémités. Des réseaux organisés sont à l'affut des désespérés qui vendent leurs reins ou leurs poumons. Ils doivent être traqués en priorité.
La crise économique a bouleversé la donne, notamment en Espagne, où le chômage a explosé depuis un an à 15,5% de la population active, il est aujourd'hui le plus élevé de la zone euro. Facua, une association de consommateurs, souligne en effet que des dizaines de personnes "désespérées" vendent aujourd'hui leurs organes. Elle affirme avoir détecté 31 annonces mises en ligne sur au moins 13 sites Internet par des Espagnols et des immigrés d'Amérique latine. "Ce sont des offres de reins, de poumons et de moelle, passées par des personnes affirmant traverser de graves difficultés économiques et demandant des quantités allant de 15.000 à 1 million d'euros", précise l'organisation.
Un rein, des poumons, de la moelle, pour des prix allant de 15 000 à 1 million d'euros : Une trentaine de personnes au moins en Espagne ont mis en vente sur Internet leurs organes.
L'alerte a été donnée par une association de consommateurs qui y voit une conséquence directe de la crise économique, le "fruit de la situation de détresse de personnes qui ont perdu leur emploi ou leur affaire, qui croulent sous les dettes ou sont menacées de perdre leur logement".
La vente d'organes est évidemment interdite en Espagne, comme en France. Acheteurs et vendeurs risquent des poursuites. Au-delà, les défenseurs des consommateurs redoutent aussi que ceux qui ont déposé de telles petites annonces ne deviennent "victimes de réseaux internationaux de trafic d'organes qui réalisent ces opérations à l'étranger" et "mettre leur vie en danger".
D'après le ministère de la Santé et la police en charge de l'enquête, une trentaine d'annonces de la sorte auraient été repérées sur 13 sites Internet par les services de police. La plupart du temps, il s'agit d'offres de reins, de poumons, de moelle, en échange de sommes allant de 15 000 à 1 million d'euros. La plupart des vendeurs sont espagnols, mais il y a aussi de nombreux immigrés en provenance d'Amérique latine. "Les immigrants sont de loin les plus touchés par la crise et sont les plus susceptibles de céder à ce genre de commerce", souligne l'association Facua.
La majorité des "vendeurs" invoquent de grosses difficultés financières, souvent liées au remboursement de lourds crédits immobiliers. Nombre d'entre eux sont des chômeurs arrivés en fin de droit et menacés d'être saisis de leurs biens, selon la police.
Cette affaire est prise très au sérieux en Espagne, pays leader au plan mondial depuis une quinzaine d'années dans la transplantation d'organes.
Lire aussi Les Français rechignent sur leurs soins de santé Lire aussi Tourisme mondial en berne pour 2009
M.Rigano
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2010 Zurbains.com
|