 Le rapport de l'Ademe sur l'efficacité des biocarburants a été rendu public discrètement le 8 octobre au soir, sur leur site.
Une analyse de l'impact environnemental des biocarburants de 1re génération, de leur production à leur combustion (dont l'énergie consommée, les engrais, le transport...).
En publiant son étude sur l'impact des biocarburants de 1re génération, l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) fait taire les critiques qui la suspectaient de cacher ces résultats depuis plusieurs mois. Notamment en raison de résultats contrastés, alors qu'elle lance la phase expérimentale des biocarburants de 2nd génération.
Parallèlement, les écologistes n'ont eu de cesse de rappeler le bilan carbone peu performant des biocarburants de 1re génération, ainsi que leur impact négatif en empiétant sur l'agriculture nourricière.
Pour sa part, l'Ademe tire des conclusions plus contrastées. Le bilan de ces agrocarburants dépend notamment de la culture utilisée : les résultats varient selon que l'éthanol soit obtenu à partir de la canne à sucre (très bon), ou du blé et de la betterave (les pires). L'étude révèle que quel que soit l'agrocarburant de 1re génération, ils émettent moins de gaz à effet de serre (GES) que les carburants issus du pétrole. L'économie moyenne pouvant atteindre de 60 à 80% pour les meilleurs.
Le biocarburant largement en tête pour sa performance carbone, est l'éthanol de canne à sucre qui émet 90% de GES de moins que les carburants fossiles. Essentiellement produit au Brésil, il se mélange à l'essence. Le biodiesel fabriqué à partir d'huiles végétales usagées ou de graisse animale, dispose également d'un bilan carbone très performant, et présente l'intérêt de se substituer totalement au diesel.
Par contre, l'éthanol issu du blé, le biodiesel provenant du tournesol, de l'huile de palme ou du soja sont très moyens. La filière ETBE (ethyl-tertio-buthyl-ether), issue des éthanols de betterave, de blé et de maïs ont un bilan carbone franchement médiocre, avec moins de 20% d'émissions polluantes en moins. Ces éthanols ne passeront pas les exigences de la future directive européenne qui, à partir de 2017, exigera une économie de GES de 50% au minimum.
L'étude dresse un bilan en net défaveur de la politique pour les biocarburants de première génération (gouvernements Raffarin et Villepin). Cependant, on pourra regretter que l'Ademe ait omis de prendre en considération l'impact engendré par l'affectation des sols à ces cultures: brûlis, déforestation, monoculture...
A mettre en perspective Combien même, l'objectif d'atteindre 7% de biocarburants incorporés en 2010, avec un coefficient moyen de 60% de réduction de CO2, cela ne représenterait que 4% de baisse d'émissions dans les transports. Il s'agit donc d'une piste complémentaire, mais nullement d'une solution à elle seule.
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E.CINESTIA
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