 Paradoxe des temps actuels, c'est grâce à son image d'opérateur public qu' EDF fait appel à l'emprunt pour financer ses investissements.
Aujourd'hui, l'État détient encore plus de 84% du capital d'EDF, contre environ 13% pour des institutionnels et des particuliers, et 2% pour les salariés de l'entreprise.
Le président d'EDF, Pierre Gadonneix, a officialisé une rumeur qui traînait depuis plusieurs semaines sur les marchés : Le géant de l'énergie va lancer un emprunt obligataire destiné aux particuliers. "Cela faisait 20 ans que nous n'avions pas émis ce type d'emprunt", a précisé le dirigeant sur l'antenne de RTL, avant d'ajouter qu'il serait réalisé à un taux d'intérêt "compétitif". Le placement serait proposé aux particuliers dans les réseaux bancaires durant une période de souscription courant du 17 juin au 10 juillet prochain.
Selon plusieurs sources, l'opération se monterait à 1 Milliard d'euros, mais pourrait aller au-delà, en fonction de la demande rencontrée. Interrogé sur ce montant, Pierre Gadonneix l'a jugé "raisonnable" mais a précisé que rien n'était définitif. La durée de vie de l'obligation devrait être de 5 ans. Le quotidien 'Les Echos', sur la foi de sources bancaires, évoque un taux de 4 à 5% brut, soit un rendement net de l'ordre de 2,8 à 3,5%.
En sollicitant les particuliers, le groupe se donne accès à un moyen de financement moins onéreux, et plus simple que les traditionnelles opérations obligataires destinées aux professionnels. Reste que ces fonds, le groupe en a bien besoin, aussi sain soit-il, puisqu'il est lancé dans des projets tous azimuts, entre croissance internationale, passage à une nouvelle génération de centrales nucléaires et modernisation de son parc actuel.
Pierre Gadonneix a évoqué sur RTL la nécessité d'investir dans le réseau énergétique en France, en précisant que les 10 à 15 prochaines années verraient les besoins en équipements s'intensifier. "EDF investit et investit massivement", a-t-il ajouté. Le groupe n'est en effet pas resté les bras croisés dernièrement malgré la crise, notamment hors de l'hexagone, puisqu'il a procédé aux rachats de son homologue britannique British Energy pour 13,5 Mds d'euros, ainsi qu'à la moitié des activités nucléaires de l'américain Constellation Energy pour 3,5 Mds d'euros.
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M.Rigano
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