L’industrie du disque doublée par Internet.

Le web 2.0 fait-il courir un risque aux Majors ?

Mouvement alternatif, simple courant ou véritable lame de fond, les exemples d’auto-production ou d’appel au financement pour lancer et soutenir un artiste

jeudi 15 avril 2010, par
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Mouvement alternatif, simple courant ou véritable lame de fond, les exemples d’auto-production ou d’appel au financement pour lancer et soutenir un artiste ne manquent pas.

L’industrie du disque tend à minimiser l’importance et l’impact d’un tel phénomène. Et pourtant...

Jouer en solo sur une partition collective... une première piste. À l’instar de Radiohead en 2007 qui avait décidé de publier son album sur internet, ou encore de Artic Monkeys découvert grâce aux sites de fans, quelques Français se sont jetés à l’eau dans le sillage de leurs homologues anglo-saxons.

C’est ainsi que nous avons pu découvrir Grégoire ou encore Joyce Jonathan, sponsorisés en quelque sorte par les internautes voulant parier sur leur devenir en osant se substituer aux investisseurs traditionnels qu’étaient les Majors. Cependant, si l’origine des fonds est essentiellement externe et participative, il n’en demeure pas moins qu’ in fine, après lancement, ils retombent dans le mode de fonctionnement de ces mêmes Majors.

Une autre voix s’élève, pour une autre voie... D’autres artistes, déjà rompus à l’exercice de l’industrie du disque, ont su retrouver une certaine souplesse au travers de labels indépendants, mais rares sont ceux qui peuvent se réjouir d’avoir mis en place un nouveau modèle économique.

Persuadé que le support CD est voué au même avenir que le vinyle en son temps, Cyril Paulus, artiste français en contrat chez Sony/BMG jusqu’en février 2009, décide très rapidement de ne pas replonger dans le même système, et lance un nouveau concept... Y’a plus de maisons de disques, mais y’a une maison ! L’idée de refaire le tour des Majors avec mes maquettes sous le bras ne m’enchantait pas, confie Cyril. la situation du marché du disque étant ce qu’elle est, je me suis dit que finalement c’était pas moins risqué de continuer en indépendant, à condition, bien sûr d’avoir une approche différente, et originale. Ce qui se concrétise rapidement autour du désir de créer un lien privilégié avec son public et ses fans, un Club !

Le CP Club, au travers de plusieurs formules d’abonnements donnant accès à toute la discographie, à des interviews, des mini-concerts en direct live, était né !

Loin du formatage traditionnel des maisons de disques, qui se défendent pourtant de ce genre d’initiative : Il n’existe pas vraiment d’exemple de quelqu’un qui aurait réussi uniquement en allant sur internet, déclarait John Kennedy, PDG de l’IFPI (Fédération internationale de l’industrie phonographique), lors d’une conférence de presse. Pourtant, la formule proposée par Cyril Paulus & les 3 (www.cyrilpaulus.com) est un bel exemple justement de ce que l’on peut faire en étant d’abord passé par les Majors

Pure Player internet, autonome, mais entouré... Chaque membre de l’équipe peut s’exprimer, et s’éclater dans son domaine, tout en étant au service d’un projet commun. On a commencé à deux, puis à trois... aujourd’hui, nous sommes une quinzaine à croire à fond à cette nouvelle alternative. Et puis, il y a ce sentiment d’être un peu des pionniers... C’est assez grisant pour tout le monde, raconte Cyril, une lueur de fierté et d’excitation au coin de l’œil.

Même si l’IFPI a publié début mars un rapport (Investing music) dans lequel elle justifie les millions de dollars nécessaires au lancement d’un artiste, Cyril ne semble pas s’en inquiéter : ...nous avons assez d’abonnés pour couvrir nos frais, mais plus on sera nombreux, et plus on pourra s’amuser ! Et c’est vrai que je suis beaucoup plus heureux aujourd’hui quand un fan décide de prolonger son abonnement que quand je vendais 100 disques en 2007...

En référence aux Charts et autres Top, fierté d’antan devenue Flop... car les coûteux investissements encore consentis pour certains artistes, poulains des Majors, ne donnent pas forcément de résultat à long terme ! Si le taux de réussite est passé d’un sur cinq aujourd’hui, alors qu’il n’était que d’un sur dix, il y a seulement 10 ans, le fameux ROI (retour sur investissement) est faible. Selon l’IFPI, la plupart des artistes soutenus ne génèrent pas assez de recettes pour équilibrer les dépenses engagées par la maison de disques.

C’est bien sûr plus difficile sans les millions d’une maison de disques, mais nous croyons tous que quand un projet est chouette, honnête et bien fait, il y aura toujours des gens pour le dire, conclut finalement Cyril qui me laisse le mot de la fin, inspiré par Nana sa RP de charme : Ahhhh... On ira... où tu voudras quand tu voudras.... et l’on te suivra encore.

Des émules au concept Y’a plus de maisons de disques, mais y’a une maison !... ça serait encore plus fort !

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