 Un rapport préliminaire réalisé par des experts met en évidence de nombreux dysfonctionnements à la centrale nucléaire de Fukushima.
Il souligne ainsi des problèmes d'anticipation d'une telle catastrophe et des manquements en termes de communication.
Une commission d'enquête vient de confirmer que l'opérateur de la Centrale de Fukushima, Tepco, n'a pas réalisé à temps l'ampleur de la catastrophe qu'allait provoquer le tsunami du 11 mars dernier. Ainsi, submergé par des vagues pouvant atteindre 15 mètres de haut par endroits, le système de refroidissement de la centrale a été dévasté, provoquant une fusion nucléaire incontrôlée. Plus de 80 000 habitants ont ainsi dû fuir la région. Le rapport, publié le 26 décembre au Japon, met en évidence un manque de préparation des équipes et une mauvaise communication lors de cette catastrophe.
Une préparation insuffisante Cette commission d'enquête, mise en place en mai dernier par le premier ministre de l'époque, a été dirigée par un spécialiste des dysfonctionnements, monsieur Yotaro Hatamura. Composée de 12 experts, elle a mis en lumière plusieurs défauts de préparation et d'organisation. Si en 2008 Tepco avait réalisé un rapport en simulant un tsunami de 15 mètres, aucune mesure ne s'en est pourtant suivie. Aucune formation des employés de la centrale n'a été faite pour répondre à ce cas extrême.
L'opérateur avait jugé la probabilité d'un tel événement naturel presque impossible. Le rapport souligne que "l'organise de régulation nucléaire du gouvernement n'a pas demandé à Tepco de prendre des mesures précises, par exemple d'effectuer des travaux supplémentaires". Un double laisser-aller en parti responsable des conséquences de ce tsunami.
Mauvaise gestion suite à la catastrophe Le rapport, dont la version définitive sortira l'été prochain, insiste sur le manque de personnes aux compétences adaptées à la gravité de la situation. Ceci aurait entrainé des erreurs dans la gestion de la catastrophe. Le document indique par exemple que certaines manipulations effectuées à temps sur les réacteurs 1 et 3 auraient permis de limiter les rejets radioactifs.
Il met également en lumière une mauvaise communication entre les équipes du gouvernement et les personnes chargées de prendre les décisions lors d'une telle crise. D'autre part, sur place une mauvaise communication entre les équipes travaillant à la centrale à aussi été soulignée. Ces cafouillages de communication ont ainsi notamment eu pour effet de retarder les évacuations nécessaires, voire de les diriger dans des zones contaminées, mettant en danger les populations.
Rien n'est réglé pour les Japonais Devant cette situation qui semble s'éterniser, les Japonais ressentent un fort sentiment d'insécurité. "L'arrêt à froid" de la centrale annoncé mi décembre par le gouvernement n'a pas suffit à rassurer. Nombreux sont ceux qui doutent même que cet "arrêt à froid" soit bien réel. Dans tous les cas, cet "arrêt à froid" ne signifie pas la fin des problèmes, car les champs et les récoltes sont contaminés autour de la centrale, dans un rayon certainement bien plus large que celui de l'évacuation.
Des relevés effectués par Greenpeace début décembre hors des zones d'évacuation étaient préoccupants. D'ici fin avril, le gouvernement devrait redéfinir la zone d'évacuation. Pourquoi attendre ?
E. CINESTIA
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