À quelques mois du sommet de Copenhague sur le climat (7 au 18 décembre 2009), les pays riches du G8 et les nouveaux pays émergents ont eu du mal à trouver un accord significatif pour limiter le réchauffement climatique.
L'accord conclu laisse un goût amer, et ne semble pas de bon augure pour la conférence des Nations unies à Copenhague. Celle-ci devra pourtant trouver un nouvel accord mondial, après les accords de Kyoto, pour lutter contre le réchauffement climatique après 2012.
Un rendez-vous manqué Rassemblés à L'Aquila, en Italie, les pays du G8 (États-Unis, Allemagne, Russie, Grande-Bretagne, France, Canada, Japon et Italie) annonçaient mercredi 8 juillet, avoir trouvé un accord pour lutter contre le réchauffement climatique : réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 50% d'ici 2050, et de 80% ou plus pour les pays industrialisés, par rapport à 1990. De bonnes résolutions rejetées d'ambler par le Forum des Principales Économies (MEF) dès le lendemain. Composé du G8, des 5 pays émergents du G5 (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud et Mexique) ainsi que de l'Australie, de la Corée du Sud et de l'Indonésie, le MEF ne s'est pas engagé dans ce sens. L'absence d'engagement à moyen terme des pays du G8 a été particulièrement mal perçue par les pays émergents. Ils ont, Chine en tête, renoncé à réduire de 50% d'ici 2050 leurs émissions de gaz à effet de serre. La Chine, pourtant premier émetteur mondial de CO2, ne freinera pas sa croissance pour lutter contre le réchauffement climatique.
Réchauffement limité à 2 degrés... Finalement, le G8 a rejoint le G5, l'Australie, la Corée du Sud et l'Indonésie sur l'engagement de limiter le réchauffement climatique de 2 degrés. Ces 16 pays, responsables à eux seuls de 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, n'ont cependant donné aucune précision sur la manière dont ils comptent y parvenir. À noter, le Japon, la Russie et le Canada se sont ralliés à cette cause, pour la première fois. Le Japon a cependant proposé l'objectif miniature d'une réduction de 7% des gaz à effet de serre pour 2020. La Russie aurait souhaité une diminution de 10 à 15% d'ici 2030, afin de ne pas sacrifier sa croissance. Preuve que même a l'intérieur du cercle du G8, les avis divergent. Plus intéressés par l'avenir commercial de la planète que par le climat et la vie, ils se sont par contre mis d'accord sur diverses mesures en faveur de la reprise économique, comme l'ouverture des marchés.
Un pas en avant insuffisant Barack Obama, qui participait à son 1er G8 et présidait son 1er Forum des Principales Economies (MEF), s'est montré satisfait du « consensus historique » trouvé pour lutter contre le réchauffement climatique. Les Nations unies, quant à elles, ont jugé trop insuffisant l'accord trouvé à L'Aquila et ont fait part de leur déception. Selon elles, et en toute logique, un objectif à moyen terme semblait indispensable pour pouvoir atteindre celui fixé pour 2050. L'engagement sur les 2 degrés est certes, un pas en avant, mais il reste bien en deçà de ce que pouvait laisser espérer une telle rencontre.
Copenhague dans quelques mois... Si les pays du G8 sont des pollueurs historiques et portent une lourde responsabilité dans la dégradation climatique en route, les pays du G5 sont considérés comme les futurs plus gros pollueurs mondiaux. Leur engagement actif à Copenhague est ainsi une nécessité absolue. Celui des États-Unis, qui n'avaient pas signé le protocole de Kyoto en 1997, l'est tout autant. Depuis cet accord mondial, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 15% aux États-Unis et de 21% au Canada, pays qui avait pourtant ratifié l'accord. D'énormes progrès restent donc à faire... D'ici Copenhague, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, organise en septembre prochain une conférence sur le climat à New York. Réalisée en parallèle de l'assemblée générale de l'ONU, elle permettra peut-être de nouvelles avancées...
Vite... Notre planète est un degré plus chaude qu'il y a un siècle, et certains pays pauvres payent déjà de lourdes additions. Depuis 1997, les gaz à effet de serre ont augmenté 3 fois plus rapidement que pendant les 10 ans précédents. En continuant à ce rythme-là, c'est 4 ou 5 degrés que notre thermomètre mondial va prendre d'ici 2010. Pays riches comme pays émergents, tous doivent impérativement prendre conscience de leur responsabilité dans l'avenir de la planète. Comme le montre si bien le film Home de Yann Artus-Bertrand, tout n'est pas perdu, mais il faut agir maintenant !
Lire aussi L'Union européenne adopte son plan de protection du climat! Lire aussi Les enjeux environnementaux sont mondiaux!
Chloé CARRELI
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2010 Zurbains.com
|