 Les centres communaux d'action sociale (CCAS) sont un témoin privilégié de la précarisation de notre société.
Faut-il diminuer le montant des aides pour les distribuer au plus grand nombre ou privilégier la quantité pour un plus petit nombre ? Un choix douloureux pour les acteurs de l'aide sociale.
Les centres communaux d'action sociale (CCAS) subissent les effets de la crise de plein fouet. L'enquête menée par l'UNCCAS (Union nationale des centres communaux d'action sociale) révèle que depuis fin 2008, deux tiers des CCAS ont constaté une augmentation des demandes d'aides. La progression de ces sollicitations est proportionnelle avec la taille de la commune : de +61,70% pour les villes de moins de 2 500 habitants, elle a bondi de +83,33% dans les villes de plus de 100 000 habitants.
Phénomène inquiétant, ce sont les budgets de premières nécessités qui sont affectés : Les demandes d'aides alimentaires sont en effet celles qui enregistrent la plus grande progression (36,24%) devant les demandes d'aides financières (29,6%). Selon l'étude, la crise a accru la précarité de personnes économiquement vulnérables tout en fragilisant des publics nouveaux (salariés à temps partiel, moins de 25 ans, retraités) : 19,76% des centres ont reçu des personnes qui n'avaient jamais sollicité d'aides auparavant.
Du fait de l'impact de la crise, "la très grande majorité des CCAS (36,28%) a fait face à la crise en augmentant le nombre et le montant de leurs interventions", explique le délégué général de l'UNCCAS.
Des arbitrages difficiles pour les centres : - 107 centres ont ainsi modifié leur barème en prenant davantage en considération le reste à vivre et le quotient familial, - 45 ont augmenté la part de leurs aides financières et alimentaires, - En revanche, 274 ont fait le choix de diminuer le montant de leurs aides afin de les distribuer à un plus grand nombre.
Existe-t-il un choix plus approprié ? Peut-être en réduisant en amont les causes de la fracture sociale... facile à dire !
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M.Rigano
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