
Le développement durable est une nécessité pour la planète, certes, mais aussi pour notre économie.
Partant de ce constat, la croissance verte se révèle comme un atout supplémentaire face à la crise, à condition de ne pas louper le coche de la formation !
La croissance verte fait rêver ! Elle serait porteuse de plusieurs milliers d'emplois selon le gouvernement et les experts qui ont fait le point sur le sujet jeudi 28 janvier à la Conférence nationale des métiers de la croissance verte.
Toutes les activités qui "s'inscrivent dans une démarche de développement durable et qui ont pour résultat de contribuer à la protection de l'environnement, notamment par la réduction de la pollution ou la préservation des ressources naturelles" sont concernées, indique le Conseil d'Orientation pour l'Emploi (COE). Une seule condition à la réussite de la transition et de la complémentarité entre les emplois existants et les nouveaux métiers : moderniser le système de formation français.
Croissance des emplois dits "verts" Elle représente un potentiel de 600 000 emplois d'ici 2020, répartis dans les différentes filières professionnelles. Une étude récente de 11 comités de filières, présentée à la Conférence nationale des métiers de la croissance verte, indique notamment que l'agriculture gagnera potentiellement 90 000 emplois d'ici 2020, le bâtiment 314 000 et les énergies renouvelables 200 000...
Pour certains secteurs, comme l'automobile "les perspectives sont relativement complexes à établir", expliquent les experts. En sureffectif, et devant faire face a de grosses mutations, ce secteur pourrait être particulièrement affecté. Demandé par Valérie Létard, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Écologie, ce travail a réuni près de 400 experts depuis septembre dernier.
De son côté, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) table sur une augmentation de près de 220 000 emplois d'ici 2012, si les objectifs du Grenelle sont respectés.
Le rapport du Conseil d'Orientation pour l'Emploi, rendu public lundi 25 janvier, va dans le même sens que l'étude des comités de filières. "Il y a consensus pour dire que le tournant du développement durable peut se traduire par un potentiel de plusieurs centaines de milliers d'emplois, mais les nouveaux emplois strictement verts seront peu nombreux. Il y aura surtout des emplois dans des secteurs traditionnels qui se seront "verdis" ou dans des secteurs peu "verts"", explique Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE.
Formations à revoir Mais attention, les experts s'accordent pour dire que ce potentiel de 600 000 emplois ne pourra voir le jour qu'au prix d'une importante transformation de la formation professionnelle. Le COE conseille la mise en place d'un plan "Marshall pour la formation". Il faut anticiper pour préparer l'avenir, car selon les experts, la croissance verte ne se ferra qu'en tenant compte des mutations engendrées, tant sur l'organisation que sur les métiers.
L'adaptation des formations et des diplômes est donc une nécessité. Les experts notent aussi que de nombreux emplois créés par la croissance verte devront être hautement qualifiés. Le système de formation actuel devra s'adapter en profondeur depuis l'enseignement secondaire, en passant par le supérieur et les formations professionnelles.
Des formations axées sur le développement durable L'enthousiasme suscité par la croissance verte n'est pas nouveau. Une étude AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes) - Opinionway, réalisée en octobre 2008 auprès de plus de 4 000 personnes indiquait que 3 Français sur 4 croyaient déjà à l'avenir des métiers liés à l'environnement et aux économies d'énergies. D'après cette étude, 52% d'entre eux se déclaraient intéressés par une formation liée aux métiers du développement durable et de l'environnement, dans le cadre d'une nouvelle étape ou d'une réorientation de leur parcours professionnel.
L'AFPA, partenaire de la Conférence nationale des emplois de la croissance verte, a bien senti la nécessité de se tourner vers des formations mieux adaptées. L'AFPA indique être actuellement le "seul organisme en France à proposer à l'ensemble de ses stagiaires (salariés et demandeurs d'emploi) des modules de formation avec une dimension développement durable devenue réglementaire, compte tenu des nouvelles normes imposées par le Grenelle de l'Environnement tant dans les métiers/secteurs traditionnels que dans les nouveaux métiers/secteurs".
Une adaptation qui repose sur les engagements du gouvernement Parmi les milliards destinés à favoriser la croissance verte, Valérie Létard a indiqué que 370 millions devront "être mobilisés pour les formations aux métiers de la croissance verte". Provenant essentiellement du grand emprunt, cette somme participera notamment à la création de nouveaux Bacs pros et à la rénovation du système de formation.
Les emplois promis par la croissance verte sont conditionnés par les choix et les mesures stratégiques du gouvernement ainsi que par leur rapidité d'application. "Plutôt que d'investir 7 milliards d'euros dans le réacteur nucléaire EPR, très peu créateur d'emplois, on ferait mieux de les investir dans les économies d'énergie du bâtiment, à fort gisement d'emplois", explique par exemple Pascal Canfin, député européen d'Europe Écologie.
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E.CINESTIA
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