 À l'heure où le bio, le bien-être et le développement durable prennent de plus en plus d'importance, la question des couches se pose nécessairement aux jeunes parents.
Les couches jetables ont su s'imposer depuis plusieurs décennies à grands coups de publicités. Cependant, les couches lavables semblent revenir sur le devant de la scène grâce à leurs atouts économiques et écologiques.
Quoi de plus normal, à l'arrivée de bébé, que de vouloir ce qu'il y a de mieux pour lui. Des biberons sans bisphénol A aux petits pots bios par exemple, les nouveaux parents peuvent faire des choix personnels. Parmi ces choix alternatifs, il y a celui des couches lavables plutôt que des couches jetables. Les couches lavables semblent présenter certains avantages notamment d'un point de vue financier et environnemental.
Des économies en perspectives Les couches sont le 3ème poste de dépense d'une famille qui vient d'avoir un bébé. Un poste non négligeable qu'il est cependant possible de réduire grâce à l'utilisation de couches réutilisables. De sa naissance et à ses 2 ans et demi (30 mois), un bébé utilise environ 5 500 couches. Les couches jetables représentent ainsi un budget moyen de 1 590 € par enfant pendant cette période, pour un coût unitaire de 0,29 € environ.
Concernant les couches lavables classiques, il faut une vingtaine de couches pour pouvoir tourner tranquillement et simplifier la gestion des stocks. Chaque couche peut être utilisée 250 fois. De la naissance à la propreté, le coût de l'équipement en couches réutilisables s'élève environ à 500 €. Il faut ensuite 70 € pour le lavage, 120 € pour le séchage et 170 € pour la lessive, selon le Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets. Le budget total moyen d'utilisation de couches lavables est ainsi d'environ 860 €. Le coût global, de la naissance de l'enfant jusqu'à ce qu'il soit propre, joue donc en faveur des couches lavables. Une économie de 730 € sépare le budget moyen des couches réutilisables (860 €), des couches jetables (1 590 €). De quoi réfléchir...
Un geste pour la planète et pour bébé Autre atout des couches lavables: leur faible impact sur l'environnement. Dans notre société de consommation, chaque habitant jette quotidiennement 1 kg de déchets. Chez un couple qui utilise des couches jetables pour leur bébé, la quantité de déchets quotidiens s'élève à 3 kg par jour... Pour la collectivité, le coût de mise en décharge ou d'incinération des couches s'élève à 66 millions d'euros chaque année. Les couches jetables représentent à elles seules 700 000 tonnes de déchets annuels en France... Des chiffres qui se passent de commentaires.
Ces couches posent de vraies questions d'écologie et de santé, car, incinérées, elles dégagent des émanations toxiques en raison des produits qui les composent. En effet, les couches jetables contiennent une cinquantaine de produits chimiques pouvant d'ailleurs déclencher des allergies. Différentes études font même état de traces de dioxine, de TBT et de composés organiques volatiles nocifs dans ce type de couches. Les couches enfouies dans une décharge mettront entre 300 et 500 ans à se décomposer totalement, tout en diluant des solvants, des boues de teinture et des dioxines dans la nappe phréatique. Une couche lavable se décompose quant à elle intégralement en 6 mois. Elle est totalement dépourvue de produits toxiques et elle est donc totalement saine pour bébé.
Du point de vue de l'énergie et des matières premières utilisées pour leur création, les couches jetables sont tout sauf écologiques. La fabrication des 5 500 couches utilisées pendant les 30 premiers mois de l'enfant représente l'abattage de 5 arbres et la production de 25 kg de plastique, soit 67 kg de pétrole. De plus, le processus nécessite 200 fois plus d'énergie et d'eau que celui nécessaire à la conception et au lavage des couches réutilisables. Choisir des couches lavables c'est faire un geste pour l'environnement en réduisant son taux de déchets ménagers et en limitant la pollution des nappes phréatiques. Elles permettent de limiter le gaspillage d'eau, d'énergie, de papier... et de dépenser moins. Ce choix fait parti d'une logique éco citoyenne au même titre que de trier ses déchets et porter ses piles dans des containers dédiés...
Stop aux idées reçues L'utilisation de couches réutilisables est souvent considérée comme complexe en raison de la manipulation et des lavages réguliers. Pourtant, gérer un stock de couches lavables ne semble finalement pas plus compliqué que de se fournir en couches jetables. Si l'on examine l'utilisation des couches jetables, on constate qu'elle entraine une logistique particulière: prendre le temps d'aller acheter les couches en grande surface avec bébé, ou devoir s'organiser pour le faire garder, transporter les paquets de couches encombrants, les stocker à la maison, gérer les couches usagers et leurs mauvaises odeurs, les jeter dans le bac adéquates au fond du jardin ou dans la cour de l'immeuble, etc. Le fait d'utiliser des couches lavables n'entraîne pas plus de manipulations au quotidien. Des dires de certains, l'apprentissage de la technique du pliage se fait vite, mais nécessite quand même quelques ajustements. Rien de tel que l'entrainement pour prendre le bon coup de main.
Les couches de demain Des solutions favorables à la protection de l'environnement et au bien-être des tout-petits existent aujourd'hui. Elles sont sans contrainte supplémentaire pour l'organisation de la famille et présentent un réel intérêt économique. Plusieurs entreprises se sont lancées dans l'aventure des couches réutilisables. La marque anglaise Bambino Moi, créée en 1990, a par exemple développé toute une gamme de produits répondant à ces besoins. Leader sur son marché en Grande-Bretagne, pays qui compte plus de 25% de parents utilisateurs de couches lavables, Bambino Mio est aussi présente en France. Elle propose des couches en coton nouvelle génération composées de 3 éléments (un voile biodégradable, une couche 100% coton et une culotte de protection) afin d'être facile à vivre pour l'enfant et pour les parents.
Vendues dans certains magasins de puériculture, dans les magasins bios et sur Internet, ces types de couches sont maintenant facilement accessibles. En chanvre, bambou, soja ou coton par exemple, elles peuvent être bio ou non suivant les fabricants. Différentes marques et modèles offrent à chaque parent la possibilité de trouver celles qui correspondent le mieux à sa façon de vivre et à son budget. Dans tous les cas, elles sont un geste supplémentaire pour la planète... et pour bébé bien sûr !
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Chloé CARRELI
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