 Après les Canaries, les Baléares, la Sardaigne ou Chypre, c'est au tour de la Corse d'être touchée par les débarquements d'immigrants clandestins.
La multiplication du phénomène de débarquement de la misère sur les îles, renvoie au déséquilibre Nord / Sud et à l'égoïsme suicidaire de notre civilisation...
Les habitants de Paragano, près de Bonifacio, ont découvert sur la plage, vendredi 22 janvier matin une centaine de migrants, arrivés sans être remarqués, sur la rive d'une réserve naturelle située à l'extrême sud de la Corse, non loin de la Sardaigne. Le groupe comprenait 124 migrants : 57 hommes, 29 femmes, 29 enfants et neuf nourrissons.
Selon le maire de Bonifacio, les clandestins étaient calmes et très fatigués. Les autorités leur ont distribué nourriture et eau. Les réfugiés ont commencé à être transférés dans un gymnase à Bonifacio. Services de secours, associations et médecins étaient sur place et des traducteurs ont également été dépêchés. Leur état de santé ne semble présenter aucun risque, a annoncé le Centre opérationnel départemental d'incendie et de secours de Corse-du-Sud.
Sans papiers, leur nationalité n'a pas pu être établie avec certitude, mais ces réfugiés qui ont emporté avec eux peu de bagages se présentent comme des Kurdes venant de Syrie, d'Irak ou comme des Tunisiens. Aucun ne parle français, et seulement une poignée maîtrise un peu l'anglais.
Les circonstances et la date de leur arrivée demeurent floues. Aucune embarcation n'a été découverte. Le groupe "aurait été débarqué d'un bateau par des passeurs, sans doute jeudi soir, mais peut-être depuis plus longtemps", a indiqué la préfecture de Corse. Pour celle-ci, l'isolement de la plage expliquerait que les clandestins n'aient été découverts que vendredi matin.
Les autorités ont déployé un important dispositif sur terre et en mer pour s'assurer que d'autres réfugiés ne se trouveraient pas sur des embarcations ou dans d'autres criques du littoral. Un Falcon 50 de la Marine nationale patrouille entre la Corse et la Sardaigne, à la recherche d'autres navires. Deux hélicoptères - un de la gendarmerie, un autre de la Sécurité civile - survolent également la côte, tandis que des gendarmes inspectent les plages alentour.
Ce phénomène de migration par bateaux devient très préoccupant. Il implique l'existence de réseaux puissants et organisés. Il est surtout révélateur d'un désespoir grandissant des populations du Sud qui ne croient plus du tout en un avenir possible dans leur pays d'origine, que ce soit pour des raisons politiques ou économiques, voire les deux.
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M.Rigano
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