 On dit que la grande distribution a tué le petit commerce, c'est en partie vrai, mais cela n'explique pas un processus de désertification de nos campagnes commencé dans les années 60.
Elle est belle notre France, mais elle se meurt tout doucement dans ses racines.
L'été arrive tout doucement et après quelques grands week-ends, d'ailleurs plutôt rares en cette année 2010, l'heure va être à nouveau aux exodes estivaux qui, cause économique oblige, verront nos concitoyens rester dans l'Hexagone, qui demeure une des zones touristiques les plus visitées dans le monde.
Mais en découvrant, ou redécouvrant, les paysages nationaux, comment ne pas être surpris, dans un premier temps, puis triste, devant tous ces villages abandonnés et ces régions désertées ou en voie de l'être. Qu'elles sont belles ces vieilles bâtisses en pierres de pays qui, malgré leur délabrement, conservent encore un peu de leur noblesse d'origine, quand elles étaient habitées.
Quelques siècles plus tard, des régions et des départements conjuguent leur budget avec celui de certains organismes sociaux comme la Caisse d'Allocations Familiales pour les rénover, et essayer d'attirer des familles avec des enfants pour que les dernières écoles ne disparaissent pas, et qu'un peu de vie revienne animer nos villages.
Lorsqu'une région ne vit plus qu'essentiellement du tourisme, c'est mauvais signe. Elle est alors visitée comme une réserve d'indiens... Que l'usine locale ferme, et c'est toute une population qui doit s'expatrier pour survivre.
Les chiffres sont d'une froide et dure réalité : On compte en France 30 644 communes rurales qui couvrent 82% du territoire, et regroupent seulement 1/4 de la population. Même les paysans s'en vont. Territoire rural n'est plus synonyme de territoire agricole. Les exploitants agricoles ne représentent plus aujourd'hui que 4% de la population active contre 10 millions d'actifs en 1945.
Parallèlement, la population vivant en zone urbaine n'a cessé de croître (même si la tendance s'inverse depuis quelques années). Ensuite, le monde rural a subi une véritable amputation de ses services publics (école, perception, poste, santé..). Selon un médecin, membre du conseil national de la MSA (mutualité agricole), "la France se trouve dans une situation paradoxale: le nombre de médecins n'y a jamais été aussi élevé qu'aujourd'hui, pourtant ils sont très mal répartis sur le territoire", et les premières zones touchées sont bien entendu les zones rurales.
Pourtant, il n'y a pas de fatalité à ce phénomène. Malgré l'effort de certaines régions, l'aménagement du territoire est de la compétence de l'État. C'est à lui d'impulser les mouvements de revitalisation des territoires, notamment par ce qui subsiste de services ou d'établissements publics, voire para-publics. Qu'une école ou une gare, qu'un bureau de poste ou qu'une caisse d'Épargne reste ou se mette en place, et c'est un point d'appui et de repère pour une population qui ne demande qu'à vivre au pays...
Vite c'est urgent !
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M.Rigano
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