Baisser son salaire pour préserver son emploi, être prêté à une autre entreprise et maintenant travailler gratuitement : la compagnie aérienne British Airways lance le mouvement !
On parlait récemment encore de flexi - sécurité mais, toujours sous couvert de volontariat bien sûr, on revient doucement au servage. On aurait pu penser à un mauvais 1er avril, mais non.
Pourquoi ne pas travailler gratuitement ! Il s'agira bien sûr de volontariat, mais la demande n'en est pas moins stupéfiante. Willie Walsh, le directeur général de la compagnie aérienne British Airways, a demandé à ses salariés de faire un geste pour leur entreprise en difficulté, en travaillant gratuitement tout le mois de juillet. Pour montrer l'exemple, le grand patron a annoncé qu'il renonçait lui-même à ses émoluments. Il veut aider à combler la perte record de 260 000 euros enregistrée par la compagnie. Sachant qu'il perçoit 90 000 € mensuels, on peut supposer qu'il pourra tout de même manger à sa faim ?
La réponse ne s'est pas faite attendre du côté des syndicats qui ont opposé une fin de non-recevoir. Au cas où les patrons français envisageraient de s'inspirer de Willie Walsh, pas de panique... la rémunération est un élément substantiel du contrat de travail. Elle ne peut être modifiée unilatéralement par l'employeur... enfin pour l'instant.
Toutefois, avec le consentement du salarié tout devient possible. Et on relate déjà des cas de salariés, où le manque de docilité a eu pour conséquence qu'ils soient les premiers à se faire licencier ! Lors des plans sociaux, les patrons se souviennent toujours davantage de ceux qui ne se sont pas pliés à leurs demandes... Alors, où s'arrête vraiment le libre choix ?
Verdict ? On apprenait le 26 juin que près de 7 000 salariés de British Airways, dont 740 hors Grande-Bretagne (sur un total de 40 000), étaient volontaires pour faire un effort... 800 d'entre eux ont même accepté de travailler gratuitement durant 1 mois, en suivant l'exemple de Willie Walsh ! Ces efforts devraient permettre à la compagnie d'économiser 10 millions de livres (11,7 millions d'euros), sur un total de 375 millions de pertes accumulées sur 1 an. Cette mesure devrait surtout permettre d'éviter un nouveau plan social. L'enjeu principal reste toutefois les négociations en cours avec les syndicats, pour réduire durablement les coûts. Le principal syndicat de pilotes a donné le la, en acceptant une baisse des salaires de 8 000 livres par an en moyenne, ainsi que la suppression de 250 postes, en échange d'une distribution d'actions. Mais la direction doit encore convaincre les autres catégories de personnels de consentir un effort équivalent.
En France, "96 % des employés" ont aussi accepté de "gagner moins en travaillant moins", indique le directeur commercial France, Patrick Malval. "J'ai renoncé à 2 semaines de salaire contre des jours de congé ", explique-t-il. Le groupe a ajouté qu'il pourrait proposer à nouveau, d'ici à la fin de l'année, des mesures similaires aux salariés n'ayant pas pris part à ce programme d'économies.
Aussi considérable que puissent être les pertes de la compagnie sur l'année (375 millions de livres), rappelons que les bénéfices engendrés par la société 1 an au par-avant étaient de 712 millions de livres. On peut donc légitimement être surpris de constater que les salariés soient contraints de se sacrifier pour éponger 2,6% des pertes, alors que la moitié des bénéfices de l'année précédente aurait largement effacé cette ardoise : les bénéfices ne doivent-ils revenir qu'aux actionnaires, et les pertes aux salariés ? Et si les ventes à perte sont interdites, le travail gratuit doit-il devenir une norme ?
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M.Rigano
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