 Le rapport Stiglitz , prix Nobel d'économie, préconise de mesurer le progrès social plus que la performance économique, pour mieux mesurer la richesse réelle d'une population.
Apparemment le fameux PIB (produit intérieur brut) va être rangé au fond du placard pour insuffisance de performance...
Deux mois après la remise du rapport Stieglitz sur la mesure de la performance économique et du progrès social, l'institut statistique a présenté son "plan d'action" pour mettre en oeuvre les recommandations du prix Nobel d'économie. "L'Insee entend jouer un rôle moteur et sera à la pointe de la coopération internationale", a prévenu son directeur général, Jean-Philippe Cotis, qui était membre de la commission Stiglitz.
"Le PIB a son utilité et on ne s'en passera pas", explique Jean-Philippe Cotis. "Pour bien prendre en compte le bien-être, il faut enrichir le concept de revenu des ménages. Il y a un partage des tâches à trouver."
La tâche n'est pas simple. "Les statistiques vont changer... progressivement, reconnaît le directeur général de l'Insee. Intégrer ces travaux innovants dans les comptes nationaux est un travail de longue haleine."
L'Insee compte donc multiplier les travaux sur le revenu des ménages, la qualité de la vie, la perception du bien-être ou encore le développement durable. Par exemple, l'institut publiera en 2010 des études sur le "mal-logement", avant de s'attaquer à la valorisation de la richesse produite par les activités domestiques des ménages ou encore à l'évolution des pollutions engendrées par l'activité.
L'Insee s'est déjà mise en route. Elle vient juste de publier 3 études sur les revenus des ménages, à la frontière de l'analyse macro et microéconomique. Si certains éléments avaient déjà été communiqués en mai et juin, elles confirment une réduction des inégalités de niveaux de vie entre les 10% des ménages les plus riches et les 10% les plus pauvres entre 1996 et 2007.
La part de niveau de vie des classes moyennes a en revanche baissé, ce qui fait qu'elles "ont pu avoir l'impression de se faire à la fois rattraper par le bas de la distribution et distancer par le haut". Les études témoignent aussi de l'impact du financement public de services (comme la santé ou l'éducation).
Ces "transferts sociaux en nature" représentaient les trois quarts du revenu brut disponible des 20% de ménages les plus pauvres en 2003. Sans ces prestations en nature, leurs revenus seraient 5 fois inférieurs à ceux des plus aisés. Avec ces transferts, l'écart passe de 1 à 3.
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M.Rigano
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