 On comprend mieux pourquoi des sénateurs se sont sentis agressés quand le principe de non-cumul des mandats a semblé progresser... rien qu'en observant leur inimitable façon d'exercer leur mandat...
Certains rêvent d'être acteurs, sportifs professionnels, journalistes... mais rarement sénateurs. Et pourtant... quelle belle vie les attendrait !
Attention au Sénat, le général de Gaulle s'y est cassé les dents. Ne réveillez pas un sénateur, c'est comme un crocodile, vous y laisseriez des plumes... La moyenne d'âge est élevée (63,5 ans), mais le sénateur garde le coup de griffe de l'ours. Pataud, mais pas lourdaud ! Difficile d'attraper un sénateur en séance, encore faut-il qu'il soit présent... Une étude particulièrement intéressante est sortie récemment, mais n'a curieusement pas été reprise par les médias. Dommage, mais rien ne nous empêche d'en profiter.
L'auteur de cette étude a entrepris d'étudier attentivement l'activité sénatoriale à partir de documents officiels et notamment des comptes-rendus du Journal Officiel. On y apprend que : Sur les 343 sénateurs français, une dizaine d'entre eux ne mettaient jamais les pieds au Sénat. Que 150 sénateurs ont participé à moins de 20 commissions en 2009-2010, désertant ainsi plus de la moitié des séances auxquelles ils étaient censés participer. Seule une centaine de sénateurs fréquente très assidûment les séances publiques, soit moins d'un tiers ! Il y a même un sénateur, François Vendasi, qui ne vient jamais à Paris et ne s'en cache pas...
Au final, l'étude classe les sénateurs en 3 catégories : les médiocres, les cancres et les bons élèves. - Les médiocres passent dire bonjour à mi-temps. Ils n'interviennent jamais et ne posent jamais de question écrite. Le reste de leur temps, il le consacre à leurs autres mandats, enfin on espère... - Les cancres ne viennent eux quasiment jamais, le plus souvent sous prétexte d'un gros travail local... invérifiable. Certains ne comprennent même pas pourquoi ils viendraient à Paris, se comparant à des chefs d'entreprise qui doivent être avant tout sur le terrain ! - Les bons élèves, avec en première place, Jean-Pierre Sueur. Au total, en commission comme en séance, il a pris 1162 fois la parole. "Il peut faire durer l'examen d'une loi pendant deux jours", raconte un sénateur.
Aucun des dix sénateurs les plus assidus n'exerce de fonctions exécutives locales, ce n'est évidemment pas un hasard. L'astuce pour être un bon sénateur serait donc de sacrifier un mandat. Un choix souvent fait au Sénat, mais beaucoup, près des deux tiers du Palais du Luxembourg ont, eux, choisi de sacrifier leur mandat parlementaire.
Dernier détail : la rémunération mensuelle nette d'un sénateur s'élève à 5 405,76 euros. Ce montant peut être majoré le cas échéant des prestations familiales, équivalentes à celles du régime des salariés... Chouette, non ?
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M.Rigano
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