 Le plastique a beau ne représenter que 5% de la consommation mondiale de pétrole, il suscite néanmoins l'intérêt des industriels qui souhaiteraient une production à partir de plantes.
La recherche sur les bioplastiques intéresse notamment les constructeurs automobiles, l'agroalimentaire, la cosmétologie, les chimiquiers...
Dans un souci d'anticiper une montée probable des cours du pétrole, l'enjeu est de parvenir à réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Déjà, le maïs et la pomme de terre sont utilisés depuis quelques années pour fabriquer des films alimentaires et des sacs biodégradables. Ceux-ci permettraient une réduction de 30% à 80% des gaz à effet de serre... mais d'autres aspects sont à prendre en considération.
Ces plastiques biodégradables ne représenteraient que moins de 1% du marché mondial. Les causes seraient imputables à ses caractéristiques techniques, avec une résistance plus réduite que les plastiques traditionnels. Mais aussi à son prix jusqu'à 4 fois supérieures. À cela s'ajoute une fin de vie sujette à caution. Pour être biodégradables, ces matières doivent suivre un compostage spécifique ainsi qu'une filière de récupération et de recyclage complexe.
Les écologistes s'inquiètent cependant de la recrudescence de ces nouveaux sacs plastiques. "Ces plastiques ne se dégradent pas seuls, et ne doivent pas plus être jetés dans la nature que les autres", affirme Françoise Gerardi, déléguée générale d'Elipso, le syndicat des industries de l'emballage plastique.
L'usage des bioplastiques pose également le problème de la mobilisation des terres agricoles à des fins non alimentaires. Aujourd'hui, les surfaces cultivées ne représentent que 0,1% des terres agricoles européennes, mais cette proportion pourrait grimper jusqu'à 5 ou 10% selon les experts. Et pour couronner le tout, ces bioplastiques sont le plus souvent produits à partir de plantes OGM ! De quoi provoquer de sérieuses polémiques quant à l'usage du préfixe bio pour bioplastiques, et déterminer surtout si leur impact ne serait pas plus néfaste que de continuer à utiliser le pétrole ?
Un espoir dans la recherche Comme pour les agro carburants, les bioplastiques ne trouveront leur salut que s'ils sont conçus à partir de matières premières non agricoles et non-OGM. Des solutions résideraient dans l'usage du bois, des déchets agricoles, ou des algues... Le potentiel économique et environnemental des bioplastiques seraient suffisant pour justifier des efforts de recherches en ce sens : le 18 juin dernier, l'École des Mines de Paris inaugurait une chaire dédiée aux plastiques issus de végétaux.
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E.CINESTIA
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