 Alors que les grandes nations tentent de réduire leur pollution, ou de réfléchir à la récupération du CO2 rejeté pour le stocker sans trop savoir quoi en faire... une société américaine propose une solution qui permettrait de le transformer en essence.
Un process qui pourrait être opérationnel avant fin 2010.
La société Carbon Sciences, basée à Santa Barbara (Californie) avec 8 salariés, propose aux politiques de mettre en place la 1re usine à grande échelle, afin de produire une nouvelle génération de carburant avant fin 2010. Forte de son dépôt de brevet, la société doit encore trouver un partenaire.
En premier lieu, le procédé requiert un partenaire tel qu'une centrale à charbon, une cimenterie ou une raffinerie, qui lui fournirait du CO2 en quantité. Ensuite, bien que les détails soient tenus secrets, le CO2 est mélangé à de l'eau, avant que des micro-organismes (bio-catalyseurs) se chargent de recomposer l'hydrogène et le carbone pour produire des hydrocarbures. Il s'agit là, en réalité, de reconstituer les conditions naturelles qui mènent à la genèse des hydrocarbures... Mais la différence réside notamment dans la découverte d'un procédé qui protège les biocatalyseurs, si bien qu'ils sont réutilisés : ce qui rend la production de carburant très compétitif ! Carbon Sciences s'engage même à produire ce carburant avant fin 2010, si un partenariat avec un producteur de C02 est conclu avant fin 2009.
L'invention de Carbon Sciences vient compléter, sur le sujet, les recherches de Craig Venter, qui annonçait en février 2008 pouvoir produire du biocarburant de 4e génération (c'est-à-dire issu de dioxyde carburant) dans les 18 mois. Désormais, le J. Craig Venter Institute s'est orienté vers l'utilisation d'algues pour décomposer et recomposer le CO2 en hydrocarbures.
Ces recherches et annonces, pour le moins encourageantes, s'inscrivent à point nommé, dans la démarche de l'Administration Obama de faire de la lutte contre le réchauffement climatique et la recherche d'énergies propres une priorité. Elles sont par ailleurs d'autant plus intéressantes que les États-Unis tirent près de la moitié de son électricité de centrales à charbon, énormes émettrices de gaz carbonique.
Pour lutter contre cette pollution liée au charbon, le plan de relance économique voté en début d'année prévoyait 3,4 milliards de dollars : une manne financière dont Carbon Sciences et Craig Venter voudraient bien profiter.
Point important découlant de ces découvertes Certes ces découvertes seraient une solution inespérée pour les grandes industries émettrices de CO2, mais qu'adviendra-t-il du carburant ainsi produit ? S'agirait-il de l'utiliser pour faire rouler des véhicules qui émettront eux-mêmes le CO2 épargné par les industries ? Aussi réjouissantes que puissent paraitre ces découvertes, elles n'auront de sens que si elles permettent de réduire les émissions de CO2 dans leur globalité, plutôt que de déplacer les sources d'émissions... À moins que ce carburant ne soit réservé qu'aux industries qui récupèrent déjà leur CO2 ? Pour le moment, aucune précision n'a été donnée sur le sujet par l'État américain.
Lire aussi Le stockage du CO2 sous terre! Lire aussi Le marché de la valeur carbone doit-il être repensé?
E.CINESTIA
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2010 Zurbains.com
|