 Pour réduire leurs coûts, certains employeurs n'hésitent pas à se séparer de salariés qu'ils continuent à faire travailler, une fois installés à leur compte ; c'est moins cher !
Le législateur n'avait pas prévu qu'en créant un statut d'auto-entrepreneur, il allait créer un nouveau type de précarité.
Le statut d'auto-entrepreneur rencontre un vif succès. L'an dernier, la moitié des 580 000 créateurs d'entreprise français l'ont choisi, notamment de nouveaux chômeurs. Mais, derrière ce succès, se cachent des dérives inquiétantes qui aboutissent à une nouvelle précarité. Des employeurs se séparent de leurs salariés, y compris en les licenciant, pour mieux les reprendre ensuite comme auto-entrepreneurs, constate l'Urssaf d'Amiens.
Le chef d'entreprise ne paye plus de cotisations sociales, et peut faire travailler son ex-salarié autant d'heures qu'il le souhaite, ce que ce dernier accepte. Installé à son compte, l'ancien salarié gagne souvent un peu plus qu'avant, mais perd toutes les garanties attachées au contrat de travail, notamment le droit aux allocations chômage et aux congés payés.
L'employeur peut rompre à tout moment le contrat de prestation de services, privant ainsi l'auto-entrepreneur de tout revenu du jour au lendemain. Certains secteurs, comme le bâtiment, sont particulièrement exposés à cette dérive, souligne la Capeb (petites entreprises du bâtiment).
C'est ainsi que fleurissent les annonces du type suivant : un artisan qui recherche un plaquiste à 15 euros de l'heure. Un patron de bar qui propose 13 euros de l'heure à un serveur pour la saison... À une condition qu'ils aient le statut d'auto-entrepreneur !
Hervé Novelli, le ministre chargé des PME, a promis que "la répression des fraudes sera attentive" à ce processus qui prend une ampleur inattendue.
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M.Rigano
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