Une enquête de la CNAM révèle qu'il y aurait des arrêts maladie injustifiés, voire abusifs... Peut-on s'abriter derrière un petit nombre d'abus (qui restent à analyser) pour mettre en place de nouvelles restrictions dans de domaine de la santé et de la protection sociale ? A suivre...
Attention de ne pas oublier le contexte de crise économique et de souffrance au travail, avant de porter un jugement sur les arrêts maladies.
Plus d'un arrêt de travail sur dix, donnant lieu au versement d'indemnités journalières (IJ) par la Sécurité sociale, serait injustifié ou trop long, selon un document de l'assurance maladie cité par le quotidien La Tribune.
Selon le quotidien, la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), après un bilan de ses contrôles réalisés en 2008, "devrait proposer rapidement de nouvelles mesures pour freiner les dépenses d'indemnités journalières", dont la progression a été de 6,4% au premier trimestre 2009. Sur les 285 000 contrôles réalisés en 2008 "pour les salariés en arrêts de courte durée", soit moins de 45 jours, la Sécurité Sociale aurait estimé "que dans environ 13% des cas, l'arrêt était injustifié ou trop long". Pour les arrêts de travail "longs", de plus de 45 jours, qui sont les plus coûteux pour l'assurance maladie, les près de 1,2 million de contrôles réalisés auraient révélé un taux de 11% d'arrêts "inadaptés ou injustifiés".
Cette mise en lumière des "abus" n'est sûrement pas innocente, venant peu de temps après la proposition d'un député de pouvoir travailler pendant des congés de maladie, voire des congés de maternité. Certes cette initiative a été rejetée par le gouvernement, mais elle est symbolique des nouvelles mesures de restrictions budgétaires qui risquent de venir encore peser sur notre système de santé et de protection sociale.
Il semble important de mettre en évidence le développement de la souffrance au travail,qui devient un vrai phénomène de société, avant de prétendre insidieusement que des arrêts de travail seraient injustifiés ou abusifs. En effet, un quart des hommes (24%) et plus d'un tiers des femmes (37%) souffriraient de mal-être au travail, selon les premiers résultats du programme de surveillance Samotrace, développé par le Département santé travail de l'Institut de veille sanitaire.
Cette étude montre "des associations importantes" entre des symptômes de santé mentale et l'exposition à certaines contraintes psychosociales au travail : déséquilibre effort/récompense et sur investissement, et ce, quel que soit le sexe. D'autres contraintes psychosociales "semblent également importantes à considérer", soulignent les chercheurs, citant l'exposition à des violences physiques ou verbales, menaces ou discriminations, le fait d'être exposé au contact du public ou encore le fait de devoir travailler d'une manière qui heurte la conscience professionnelle.
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M.Rigano
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