
Éric Cantona, l'ex-enfant terrible du football français, ferait-il trembler les banques, de Bruxelles à.... Bercy.
Sacré système financier qui s'effraie d'un appel généreux, mais naïf, d'un ancien footballeur !
Souvenez-vous, c'était encore... aujourd'hui. Le système bancaire devait être sauvegardé à tout prix comme la clé de notre survie à tous. Et peu importe les millions d'Européens et d'Américains qui ont dû se serrer la ceinture, si il leur restait encore un cran à serrer, il fallait des plans d'urgence pour sauver le soldat Ryan, pardon La BANQUE !
Volontaires ou pas, et plutôt pas volontaires du tout, les citoyens, d'Athènes à Lisbonne, en passant par Dublin, ont donc participé au sauvetage du système financier qui est le coeur de l'économie mondiale. Et puis coup de tonnerre ! Un vilain garnement de 44 ans, connu comme caractériel et incontrôlable, donne un coup de pied, c'était son métier, dans le monde bancaire et c'est l'affolement.
La fédération belge du secteur financier, dénonce le danger : "Cette action peut déstabiliser notre fragile système financier ! certaines institutions bancaires en Belgique ont dû être sauvées par le gouvernement en raison des conséquences de la crise du crédit. Un tel sauvetage ne doit pas être réitéré, car il est très coûteux."
Le directeur général de BNP Paribas, Baudoin Prot, s'est cru lui aussi tenu d'intervenir devant la presse. Il a indiqué respecter le "grand sportif et son souci de s'intéresser aux questions de pauvreté", mais a affirmé que "sur le plan bancaire", cet appel était "typiquement mal fondé". "La recommandation de retirer les dépôts est totalement insécuritaire" tout en étant "complètement contraire à ce qui peut assurer le fonctionnement de l'économie".
Même notre inénarrable ministre française des Finances, Christine Lagarde, se sent obligée d'intervenir publiquement : "Chacun son métier. Il y en a qui jouent magnifiquement au football, je ne m'y risquerai pas. Je pense qu'il faut intervenir chacun dans ses compétences".
Selon la ministre, l'ancienne star du ballon rond "n'est pas à une provocation près". "C'est un immense footballeur, pas sûr qu'il faille le suivre dans toutes ses suggestions non plus", a-t-elle conclu. Il faut dire que madame Lagarde connaît bien les marchés financiers dont elle avait regretté quelques jours auparavant "l'irrationnalité et la nervosité"...
Tout ça pour ça.... Rappelons qu'Éric Cantona, ancien footballeur de grand talent, devenu peintre et acteur de cinéma, mais aussi engagé dans des actions caritatives, a appelé, dans une vidéo qui fait fureur sur Internet, les clients des banques à retirer leur argent des dites banques. Selon lui, "s'il y a 20 millions de gens qui retirent leur argent, le système s'écroule". "La révolution se fait par les banques (...) Au lieu d'aller dans les rues faire des kilomètres de manif, tu vas à la banque de ton village et tu retires ton argent" ! "Pas d'armes, pas de sang, une révolution à la Spaggiari !", conclut Canto, fidèle à son personnage.
Qu'une telle déclaration, d'une naïveté confondante, puisse faire frissonner les banquiers et des ministres (François Barouin, ministre du Budget est lui aussi intervenu) laisse pantois sur un monde de la finance qui a pourtant réussi le tour de force de faire passer ses intérêts, et ses dérives, comme une priorité mondiale, sans parler des conséquences économiques, et surtout sociales, dramatiques pour des millions de familles.
Au final, entre Cantona et un banquier, on ne sait pas trop qui est le plus fou et le plus dangereux. Mais au moins, il y en a un qui avait un sacré coup de pied.
M.Rigano
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2012 Zurbains.com
|