 Même si oublier son enfant dans une voiture est impensable pour beaucoup de parents, les chiffres sont là, il y en a de plus en plus. Souvent absorbés par leurs problèmes, certains parents oublient l'essentiel, leur petit.
Pour réagir face à cette réalité, des réflexions sont menées pour trouver un système d'alarme couplé aux véhicules.
Selon la Commission de Sécurité des Consommateurs (CSC), les décès d'enfants oubliés dans un véhicule sont en augmentation en France ces dernières années. Afin de limiter ces drames, la CSC invite les constructeurs automobiles et les pouvoirs publics à se pencher sur le problème.
Des oublis récurrents Saisie en février 2009 par le Secrétaire d'État chargé de la consommation, la CSC a rendu un avis qui a été adopté en décembre dernier. La CSC indique, dans cet avis relatif à la prévention de ces oublis, que 24 enfants ont été oubliés en France métropolitaine et outre-mer entre juin 2007 et août 2009. Cinq décès en ont découlé. Pour la même période, on compte 2 oublis en Belgique. Une étude réalisée aux États-Unis en 2005 en dénombre environ 30 par an.
L'avis indique que le nombre d'accidents est réduit, voire inexistant dans les pays où les parents "suspendent leur activité professionnelle pour éduquer leurs jeunes enfants".
Système d'alarme inexistant Actuellement, il n'existe aucun dispositif d'alerte couplé au véhicule permettant de prévenir un éventuel oubli. Rien en France, ni en Europe, ni à l'étranger. Même les États-Unis, plus avancés que nous sur le sujet, n'ont pas trouvé de solutions.
À l'heure actuelle, les constructeurs automobiles donnent la priorité à la sécurité routière. Travailler sur ces systèmes de prévention nécessiterait "des investissements importants pour assurer la conception, mais aussi la fabrication". "Ces dispositifs, potentiellement optionnels, pourraient coûter, aux dires des constructeurs, entre 1 500 et 3 000 euros", indique le rapport de la CSC.
Recherche et prévention La CSC invite donc les constructeurs "à engager des recherches sur des dispositifs techniques d'alerte, en liaison avec les fabricants d'articles de puéricultures". Des pistes techniques existent, mais les contraintes sont nombreuses.
Elle demande aussi une mobilisation des pouvoirs publics afin de mettre en place des campagnes de prévention efficace. Les parents n'imaginent pas pouvoir oublier un enfant, et pourtant... Le rapport insiste sur la création de "pense-bêtes" permettant de rappeler aux parents la présence du bébé à l'arrière.
Cela peut par exemple prendre la forme d'une photo de l'enfant attachée aux clés, dans un format trop grand pour être enfourné rapidement dans une poche. Placer aussi à côté du bébé un élément indispensable à sa journée, comme son sac à main, sa veste ou son badge d'entreprise, peut aussi servir de rappel.
Contrairement à ce que l'on croit, "l'oubli n'est pas la première cause des accidents recensés", indique le rapport de la CSC. De nombreux parents laissent volontairement leur enfant dans la voiture le temps d'une course par exemple, sans se rendre compte des conséquences qui peuvent en découler. La prévention sur les risques encourus par les enfants est donc bien une nécessité.
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I.DESANGE
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