Les OGM et leur innocuité pour l'environnement et la santé continuent de diviser... Déjà la précédente variante du maïs OGM, le MON863, avait divisé. À l'époque, l'Afssa avait également donné un avis favorable. Pourtant, il a été prouvé par la suite que le MON863 avait des effets importants sur les rats...
Les conclusions de l'Afssa sont régulièrement remises en cause, mais ce précédent sur le maïs MON863 est un passif qui lui dessert fortement aujourd'hui quant à ses préconisations sur le maïs MON810 de Monsanto.
Le MON810 est un maïs destiné à l'alimentation animale dont la France a suspendu la culture début 2008 au nom du principe de précaution. Ce maïs a été modifié pour produire une protéine qui le protège des attaques de 2 chenilles, la pyrale et la sésamie: en se fixant dans leur organisme, cette protéine bloque la digestion de ces deux insectes et les tue.
Selon l'Afssa, le MON810 et ses dérivés ne présenteraient pas plus de risques sanitaires que les variétés non génétiquement modifiées.
En réaction à cet avis officiel, beaucoup d' "anti-OGM" (dont des scientifiques du CNRS, écologistes, altermondialistes, Cap 21...) rappellent le précédent du MON863 où malgré l'avis favorable de l'Afssa, il avait été prouvé que les effets sur le rat étaient incontestables. Il avait été par ailleurs particulièrement difficile d'accéder aux données brutes de l'étude, obtenues grâce à l'intervention de la ministre de l'Environnement alors en fonction... Les "anti-OGM" rappellent également que les tests sont réalisés sur une période de 3 mois, alors qu'il faudrait les étendre sur une période de 2 ans et les élargir à leur descendance, pour être valables. En effet, les risques de maladies peuvent se déclarer bien après leur ingestion, et se manifester des générations plus tard.
Pour l'environnement, une culture à ciel ouvert comporte de véritables risques de dissémination (du maïs OGM), car il n'existe scientifiquement aucun seuil au-delà duquel on est sûr de protéger les cultures.
Du côté des "pro-OGM", le MON810 est une véritable opportunité pour l'homme, car il est le moyen le plus simple de lutter contre la pyrale et la sésamie sans utiliser de produits phytosanitaires. Ce pourrait même être un moyen de lutter contre la famine dans le monde, et produire du maïs dans les pays pauvres soumis à des contraintes climatiques importantes...
En réalité, loin d'être altruiste, la firme Monsanto est une industrie prospère dont le développement doit beaucoup a son lobbying hors pair au sein des institutions politiques mondiales et européennes. Le documentaire "Le monde selon Monsanto" réalisé par Marie-Monique Robin révèle à ce propos les rouages et collusions de la multinationale.
Dans les faits, l'autorisation juridique relève d'une décision européenne, votée sur proposition de la Commission à Bruxelles par les 27 Etats membres. Actuellement, les procédures d'homologation de nouveaux OGM en Europe sont bloquées. La France, l'Autriche, la Hongrie et la Grèce ont déclenché la "clause de sauvegarde" qui leur permet de suspendre leurs cultures. Mais l'objectif serait de les obliger à revenir aux OGM si la majorité des 27 les y contraint (d'abord au niveau des experts ou, faute d'accord, par un vote des ministres de l'Environnement).
Pour sa part, le gouvernement français a assuré le 12 février qu'il maintiendrait cette suspension, et doit défendre cette position ce 16 février devant la Commission européenne.
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