 Depuis le mois de mars dernier, plus de 30 000 femmes vivent, en France, dans l'inquiétude de la rupture potentielle de leurs prothèses mammaires de la marque PIP.
Le gouvernement français recommande leur retrait, et l'Assurance Maladie va porter plainte.
La semaine dernière, le gouvernement a recommandé le retrait des prothèses PIP "à titre préventif et sans caractère d'urgence". Depuis le 30 mars dernier et l'annonce par Agence de sécurité sanitaire (Afssaps) du retrait du marché de ces implants, les doutes et les peurs s'amplifient chez les porteuses de ces prothèses.
Recommandation de retrait Voulant éviter la panique chez les 30 000 à 50 000 femmes porteuses de ces prothèses, le gouvernement français insiste sur le principe de précaution. Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, a fait savoir que ce retrait n'est "pas une obligation".
Pour le directeur général de la Santé, Jean-Yves Grall, cette recommandation de retrait est justifiée par le risque de rupture de ces prothèses. La marque PIP a en effet remplacé le gel de silicone médical de sa production par du silicone industriel, augmentant ainsi les risques de rupture de ces prothèses mammaires. Selon les spécialistes, le nombre de ruptures augmente également chaque année.
Dans le doute, mieux vaut les retirer Si pour l'instant aucun lien direct de cause à effet n'a pu être prouvé entre ces prothèses et les cas de cancers développés chez des femmes qui en portaient, le doute est présent. Il est donc conseillé aux femmes porteuses de ces prothèses de consulter leur médecin. Elles bénéficieront d'une explantation, retrait des prothèses, ou si elles ne le souhaitent pas, d'un suivi par échographie 2 fois par an. Dans tous les cas, ce nouveau scandale médical vient bouleverser la vie de dizaines de milliers de femmes.
Des coûts non négligeables Concernant le coût, la facture est estimée à 60 millions d'euros pour l'Assurance Maladie. Elle prendra en charge les frais d'explantations et des remplacements de prothèses dans le cas de reconstructions mammaires suite à un cancer. Pour les femmes ayant réussi à vaincre un cancer du sein, cette nouvelle opération et les doutes quant au caractère potentiellement dangereux du produit représentent un préjudice de taille, bien au-delà de l'aspect financier.
La pose de nouvelles prothèses dans le cas esthétique, environ 80% des cas, ne sera pas prise en charge. 60 pays au total sont concernés par cette affaire, car la société PIP exportait 90% de sa production. Ces pays ont chacun pris des décisions spécifiques. Actuellement, le gouvernement britannique ne recommande pas le retrait des prothèses PIP par exemple.
Faire payer les fautifs L'Assurance Maladie a indiqué par l'intermédiaire de son directeur général, Frédéric Van Roekeghem, vouloir porter plainte. L'affaire PIP est une nouvelle "tromperie" dans le domaine médical. Plusieurs femmes et associations de porteuses de ces prothèses ont déjà porté plainte. Xavier Bertrand a souligné la nécessité de poursuivre les responsables de cette escroquerie. Après le Médiator, ou le Distilbène, cette affaire montre que le profit financier supplante tout le reste. Elle souligne une fois de plus l'importance d'avoir un système de contrôle efficace, rapide et impartial.
A.MICHO
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