Une nouvelle intervention militaire a commencé sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes

jeudi 17 mai 2018

Ce jeudi 17 mai, l’intervention militaire a repris sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Elle viserait à expulser les habitants qui n’ont pas déposé de formulaires individuels. Une dizaine de lieux pourraient être détruits. Reporterre suit le fil des événements.

  • 8h50 - Un paysan discute avec un gradé à propos du bien-fondé de l’opération : «  moi je pourrais potentiellement signer une convention avec l’État, mais je ne le ferais jamais tant qu’il y aura une occupation militaire. Vous singeriez, vous, avec un revolver braqué sur la tempe  ?  »
  • 8h45 - Communiqué des collectifs d’action non-violente sur le site zad.nadir.

Nous dénonçons la poursuite des expulsions et des opérations militaires à Notre-Dame-des-Landes, rendant impossibles des négociations sereines sur l’avenir de la zone. (...) L’État s’entête dans son autoritarisme inadmissible. Le lourd dispositif militaire présent sur la zone depuis plus d’un mois constitue une entrave à toute démarche constructive. Ceci alors qu’il n’y avait aucune urgence à expulser qui que ce soit. (...) Nous dénonçons également la contradiction d’un gouvernement qui d’un côté prône une "transition écologique et solidaire" mais d’un autre côté détruit sans scrupule des expérimentations d’habitat à faible impact écologique, des innovations agricoles, des formes de démocratie alternatives… pourtant reconnues par les spécialistes pour leur richesse  ! Enfin, nous dénonçons la stratégie de l’État visant à briser l’incroyable collectif humain construit depuis des années, en jouant la carte de la division, du harcèlement militaire et de la désinformation.

  • 8h37 - Le dispositif militaire empêche toute personne — autre que gendarme mobile — d’approcher du bois de Rohanne, dans lequel se situent plusieurs cabanes visées. Impossible de savoir ce qui se passe dans ce périmètre, constate notre reporter.
  • 8h34 - Devant un cordon de gendarmes mobiles sur le chemin de Suez, un zadiste cagoulé crie : «  vous portez toute la charge de la violence de l’État  !  » Pour cette deuxième opération, dix-neuf escadrons de gendarmerie sont mobilisés, soit entre 1.500 et 1.700 gendarmes. Deux huissiers sont également présents à leurs côtés pour mener ces procédures.
  • 8h20 - Des paysans désolés : «  Pour le foin qu’on devait récolter demain, c’est mort, avec ce qu’ils balancent dans les champs. Et les bêtes derrière la haie, elles sont en plein dans les gaz  ».
  • 8h11 - 150 à 200 personnes se trouvent à La Wardine. Elle est entourée d’une masse de gendarmes, qui empêchent les gens de sortir.
    La Chateigne semble avoir été prise par les gendarmes, avec énormément de grenades en un seul coup et un seul assaut.
    Pour l’instant, il n’y a pas d’affrontement direct. Toute la zone est sèche, il n’y a pas de boue, et la circulation dans les champs pour les engins et les gendarmes est donc beaucoup plus facile.
  • 7h58 - D’après le site zad.nadir, les gendarmes lancent l’attaque sur la Châteigne. Ce lieu fait partie du symbolique "village de cabanes" construit par 40.000 personnes à l’occasion de la manif de réoccupation du 17 novembre 2012.
Des blindés dégagent une petite barricade.
  • 7h55 - Sur Twitter, le ministre de l’Intérieur explique que l’intervention de ce jeudi vise «  les occupants illégaux ayant refusé de déposer un projet agricole  ». Une dizaine de lieux de vie pourraient être ciblées aujourd’hui.
  • 7h49 Les gendarmes mobiles ont chargé pour occuper le chemin de Suez, et ont pris position en ligne, dans le champ, à 100 m au-delà du chemin, vers Le Rosier.
  • 7h45 - Suite aux expulsions en cours, le collectif NDDL-IDF appelle à un rassemblement à Paris, au métro Belleville, ce soir à 18h.


  • 7h33 - Des affrontements ont lieu dans le champ entre le Maquis et la lisière de la forêt de Rohanne. Les tirs de grenades depuis les sous-bois cassent les branches d’arbres. Les sommations succèdent aux sommations. Les gendarmes mobiles dégagent les haies à coup de matraque pour pouvoir avancer.


  • 7h12 - Un de nos reporters a vu tellement de camions de gendarmes sur la Zad qu’ils ont créé un bouchon entre le village de Notre-Dame-des-Landes et le carrefour des Ardillères. Il y a des camions du carrefour de la Saulce jusqu’au carrefour des Ardillères. On compte cinq blindés. Pour l’instant, aucun tir de grenade.
Malgré tout, la vie tente de continuer : les vaches de Sylvain Fresneau.
  • 6h47 - Trois gradés sans casque ont avancé dans le champ en demandant à parler à un responsable. Quelqu’un s’approche suivi d’une deuxième personne cagoulée. Le message des gendarmes : «  Si vous n’attaquez pas la ligne, tout reste tranquille de notre côté. Sinon, on a la possibilité juridique d’attaquer la ferme de Bellevue et d’opérer des arrestations  ». Les zadistes réfléchissent pour garder Bellevue. Les lieux qui devraient être détruits aujourd’hui : Pui Plu, la Datcha, la Chateîgne, la Vosgerie.
Trois gendarmes gradés parlent avec deux zadistes, dans un champ près de la Wardine. Source : Zad_NDDL.
  • Jeudi 17 mai - 6h29 - Un peu avant six heures, sous l’hélicoptère, les gendarmes mobiles ont dépassé une barricade à un kilomètre du Liminbout et avancé en trottinant pour prendre position sur 800 m, le dos au bois de Rohanne, face au champ des bâtons, qui accueille le camping de Bellevue.
Pui plu, une des cabanes qui pourraient être détruites aujourd’hui. Source : Zad_NDDL.
  • Mercredi 16 mai - Communiqué du Conseil des ministres : «  Pour ceux des occupants qui n’ont pas voulu inscrire leur avenir dans le cadre d’une installation légale, toutes les conséquences devront en être tirées  ; ce sera le rôle de la gendarmerie nationale de continuer à sécuriser la zone, de mettre en œuvre les procédures judiciaires faisant suite aux violences commises à l’encontre des forces de l’ordre et de poursuivre la mise en œuvre des décisions d’expulsions.  »

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Source : Nicolas de La Casinière et Gaspard Glanz sur la Zad, rédaction à Paris.

Photos :
. chapô : © Gaspard Glanz/Reporterre
. blindés dégagent petite barricade : @JFrancoismartin
. vaches : © Nicolas de la Casinière/Reporterre
. gendarmes et blindé, matin (©ClemDemay

. négociations en plein champs, compte twitter de la Zad.
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