
Instauré en 1971 pour protéger les intérêts particuliers des médecins en place, le numerus clausus pénalise plus que jamais l'intérêt général et le développement de notre système de santé.
Pourtant, contre toute logique, le numerus clausus est maintenu !
Mais qu'est-ce qu'est exactement le numerus clausus ? Qu'en dit notre dictionnaire ? Un numerus clausus (du latin signifiant littéralement "nombre fermé") est le nombre de personnes à qui une chose est allouée (par exemple l'autorisation d'exercer une fonction, l'admission à une épreuve, etc.), dans un système où ce nombre est limité à une valeur fixe quel que soit le nombre de prétendants (plutôt que par un pourcentage), et décidé par les autorités en fonction de leurs besoins. Le numerus clausus est par exemple utilisé dans l'admission aux études médicales en France, pour définir le nombre de médecins, pharmaciens et dentistes et sages-femmes.
Première absurdité Ce système élimine des candidats qui auraient pu faire d'excellents professionnels de santé (c'est aussi valable pour d'autres professions, notamment juridiques). Est-il besoin de développer que celui ou celle qui est juste en dessous du trait de sélection aurait sans doute pu continuer la poursuite de ses études sans problème. Chaque année des milliers d'étudiants en médecine et en pharmacie restent sur le carreau, recalés avec une, deux voire trois années non valorisables.
La question qui fâche : où est le bénéfice pour la société d'un tel gâchis ?
Seconde absurdité Alors que l'on ne cesse de dire qu'il est aujourd'hui impossible de prévoir ce que seront les emplois de demain, et cela, avec une visibilité à moins de 5 ans, comment limiter autoritairement et brutalement l'accès à des métiers, surtout quand ils sont d'intérêt général !
Le numerus clausus des étudiants en médecine, c'est-à-dire le nombre d'étudiants admis en 2e année était de : - 7 100 pour la rentrée 2006, - 7 300 pour la rentrée 2007, - 7 400 pour 2008. La ministre de la Santé actuelle ne prévoit de porter ce chiffre qu'à 8 000 pour 2011.
Au regard du nombre de spécialités médicales et des besoins grandissants de notre pays, et dans un contexte de population vieillissante, nous sommes loin du compte. Autant d'éléments qui témoignent de l'approche catastrophique, en fait très libérale, de nos gouvernants, en matière de politique de santé publique.
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M.Rigano
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